Genêts : Hervé Morin apporte son soutien à l'éleveur menacé de détruire sa bergerie

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Le président normand, Hervé Morin, s'est rendu dans la bergerie de l'éleveur d'agneaux de prés-salés, François Cerbonney, pour lui apporter son soutien. Ce dernier avait été condamné à détruire son établissement, après une procédure de l'association Manche Nature. Le jugement en appel est attendu en mai 2022.

Il reçoit un soutien de poids. François Cerbonney est encore en attente du jugement en appel qui sera rendu le 12 mai 2022. Le berger a été condamné à démonter sa bergerie. Comme il s'y était engagé début octobre, le président de la région Normandie Hervé Morin est venu ce lundi 20 décembre apporter son soutien à l'éleveur. 

L'éleveur d'agneaux de pré-salés s'occupe de plus de 300 brebis dans la zone de la petite Baie. Suite à une plainte déposée il y a dix ans de l'association environnementale Manche Nature, il avait été condamné à détruire son établissement, construit en contradiction avec la loi littoral : "Mes brebis sont bien dans leur bergerie et j'espère qu'elles pourront continuer à rester ici après le 12 mai", explique François Cerbonney.

Hervé Morin soutient l'éleveur, Manche Nature propose des solutions

Pour Hervé Morin : "On est face à une procédure à la fois baroque et ubuesque. Baroque, parce que c'est une association qui porte la protection de l'environnement qui met en difficulté un éleveur attentif à ces questions. Et ubuesque parce que comment voulez-vous maintenir de l'élevage sur des herbus si vous ne permettez pas à des éleveurs d'avoir des bergeries pour qu'ils puissent amener leurs troupeaux ?". Le Président de la région ajoute que l'exploitation n'impacte en rien le paysage : " À part les plots en béton qui portent la charpente, il n'y a quasiment pas d'artificialisation des terres".

Du côté de Manche Nature, pas question de réagir aux déclarations d'Hervé Morin." Nous ne sommes pas là pour ça, déclare Delphine Chevret, juriste membre de Manche Nature. Nous menons un travail actif de terrain pour permettre de faire perdurer les activités qui relèvent vraiment de la bergerie, il s'agit dans certains cas de toute autre chose que de la bergerie ,  de véritables stabulations non seulement avec des agneaux mais aussi des bovins. Il s'agit donc de préciser les contours de l'activité et de proposer des solutions durables. Des solutions qui vont préserver la Baie et le métier de berger et d'ailleurs lui permettre de perdurer, d'être transmissible de berger en berger. Pas question que des bergeries par exemple deviennent des résidences secondaires, on a défendu la construction de nouvelles constructions mais légales cette fois. On agit contre les dérives d'aujourd'hui et celles de demain. Notre action permet la maîtrise du foncier dans un écosytème particulier qui est celui de la Baie du Mont-Saint-Michel. "

Une astreinte de 150 euros par jour

L'éleveur doit payer une astreinte de 150 euros par jour en cas de non-démolition : "C'était une astreinte provisoire de quatre mois allant du 19 avril au 19 août. Vu que le jugement est reporté, je ne sais pas ce qu'il va se passer. Moi ce que je veux c'est que cette astreinte soit levée et que je puisse continuer mon activité", explique François Cerbonney.

Coté Manche Nature, on défend l'idée d'une "solution. ( ...) Elle semble pouvoir prendre corps rapidement. Une énième réunion, après de multiples rencontres en a dressé les contours le 15 novembre dernier : Monsieur Cerbonney pourra continuer son activité. La bergerie, qui accueille son troupeau au moment des agnelages, pourra être transplantée sur un terrain à proximité immédiate des herbus qui ne se situe ni sur un site remarquable, ni dans la zone de protection de la loi Littoral." 

L'éleveur a fait appel. Le jugement prévu fin octobre 2021 a été reporté à la demande de l'association et doit être rendu le 12 mai 2022. 
François Cerbonney avait déjà reçu une aide de la région pour ses frais de justice.