Des gènes vikings dans le sang des Normands mais pas que

Des Vikings mais pas que à cette fête des Normands. / © CC / clement127
Des Vikings mais pas que à cette fête des Normands. / © CC / clement127

En juin dernier, 89 habitants du Cotentin avait accepté de se soumettre à des prélèvements ADN pour une étude britannique portant sur l'ampleur de la colonisation viking dans la région. Les résultats ont été communiqués aux participants ce jeudi soir.

Par F3Normandie avec AFP

Une vraie réponse de Normand. "Etes-vous Viking ? Oui et non. Ou peut-être. La génétique est pleine d'ambiguïtés", a résumé Richard Jones, de l'Université de Leicester, ce jeudi soir à Valognes devant près de 120 personnes. Parmi elles, 89 avaient accepté de soumettre à des prélèvements ADN en juin dernier pour « The Viking DNA Project ». Cette étude menée par l'université anglaise porte sur les diasporas scandinaves de quatre régions – trois britanniques et une française : la presqu’île du Cotentin nord.

Cette étude, basée sur la génétique, avait suscité les craintes du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP). «On craint que cela développe l'idée qu'il y a de vrais Normands et de faux Normands», explique alors Jacques Declosmenil, président de l'association dans la Manche. Pour apaiser la situation, les chercheurs s'étaient engagés à ne fournir aucun résultat individuel. Selon Richard Jones, des avocats des deux côtés de la Manche ont négocié pendant cinq mois les modalités de l'étude. L'université de Caen, initialement associée, a pris ses distances et n'était pas présente ce jeudi soir.

Des marqueurs génétiques d'Afrique du Nord

Dans l'ADN de ces 89 personnes qui avaient toutes quatre grands-parents ayant toujours vécu dans un rayon de 50 km autour de leur lieu de vie actuel, voire un nom de famille présent depuis le XIe siècle en France, M. Jones a trouvé moins de marqueurs "probables" d'un peuplement viking que prévu. La trace la plus probante selon l'historien était présente dans seulement 59% des échantillons.

Car d'autres marqueurs jouent un "rôle plus important" que prévu, a expliqué le chercheur, qui a trouvé des traces d'origines probablement germaniques, mais aussi des marqueurs "balkaniques" et "d'Afrique du Nord", "rares en Europe de l'Ouest". Dans quelques échantillons, M. Jones a aussi trouvé le marqueur génétique "le plus fréquent"... en Géorgie et en Arménie selon lui.

Les Normands, dont le duché a été fondé en 911 par le chef viking Rollon, n'auront donc guère avancé quant à leurs origines génétiques. Aujourd'hui, M. Jones dit attendre plus de l'ADN des squelettes d'époque que de celle de ses contemporains.

Explications Sylvain Rouil - Claude Leloche

Résultats tests ADN Vikings


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