Sécheresse + inflation : lourde addition pour les maraîchers

Publié le
Écrit par Kanwaljit Singh .

La sécheresse estivale a entraîné de fortes baisses de productions, chez certains producteurs de fruits et légumes. Les maraîchers sont également impactés par la hause des leurs coûts de production. Ils sont inquiets.

À Beauvoir, près du Mont-Saint-Michel, Laurent cultive des légumes. Avec la sécheresse estivale et le manque d'eau, le maraîcher fait un lourd constat : "je n'ai pu produire que 40 tonnes de carottes au lieu des 65 tonnes habituelles", soit vingt-cinq tonnes de moins que l'an dernier. "Je les vends 0,34 € le kg alors je vous avoue que le manque à gagner est important, c'est compliqué", ajoute-t-il. D'autant que sa production de poireaux aussi a souffert. En plus de l'impact des fortes températures sur ses produits, il subit l'augmentation des coûts de production.

Des coûts de productions qui explosent

Chez les légumiers, la facture commence à être salée. C'est le cas de Sylvain, maraîcher près de Quinéville (Manche) : "c'est hallucinant, certains engrais sont passés de 265 € à 1000 € la tonne en près de deux ans et il est prévu que ce chiffre double l'année prochaine. Je ne vous parle même pas du carburant. De 38 000 € en 2021, elle passe à 75 000 € cette année". Des hausses de prix qui viennent s'ajouter au coût de l’électricité qui flambe. Et puis les prix des plants de choux et de poireaux, par exemple, ont augmenté de près de 20 %.

Des clients qui consomment autrement

Pour ne rien arranger, selon Cédrick Gallot, directeur du Groupement de producteurs de légumes de la Manche (GPLM), les clients consomment autrement : "le kilo de rouelle de porc est à 3 €, il est 1 € moins cher que le kilogramme de poireaux en grande surface alors forcément les consommateurs se détournent des légumes frais". Pour les maraîchers, la crainte est que la situation s'aggrave dans les prochaines semaines.

Les légumes des maraîchers locaux retirés des grandes surfaces?

A peine 20 % de la production annuelle de carottes a été écoulée depuis juillet, 10 % de poireaux et 18 % de navets  : "les prix de la grande distribution restent chers en terme de légumes, ils sont un frein aux achats des consommateurs. Encore une fois, c'est une réalité, c'est compliqué pour eux de mettre la main au porte-monnaie pour manger mieux si la grande distribution ne baissent pas les prix". Mais il ne se fait pas trop d'illusions : "il faudrait que les grandes surfaces baissent les prix sans baisser le prix d’achat aux maraîchers mais je crains qu'ils ne choisissent plutôt de retirer les produits des petits maraîchers au profit des légumes étrangers. On est vraiment dans l'incertitude. C'est pesant". 

En 2021, les maraîchers avaient négocié une hausse moyenne de 15% sur le prix des légumes, ce qui avait augmenté leurs marges, mais cette période favorable n'est plus qu'un souvenir.

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