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Menacée de perdre une classe, la commune de Saint-Pois lance un cri d'alarme

Dans le sud-Manche, l'école de Saint-Pois, près de Villedieu-les-Poêles, pourrait perdre l'une de ses quatre classes à la rentrée prochaine / © Pauline Latrouitte
Dans le sud-Manche, l'école de Saint-Pois, près de Villedieu-les-Poêles, pourrait perdre l'une de ses quatre classes à la rentrée prochaine / © Pauline Latrouitte

Dans le sud-Manche, l'école de Saint-Pois, près de Villedieu-les-Poêles, pourrait perdre l'une de ses quatre classes à la rentrée prochaine. Au-delà des parents d'élèves, c'est tout un territoire qui se mobilise et exprime un sentiment d'abandon.

Par CM

Ce lundi matin, les vacances jouent les prolongations pour les enfants de Saint-Pois. Les parents d'élèves ont décidé de bloquer l’école Jack-Port pour faire pression sur l'administration. Le 1er février dernier, le Comité technique spécial départemental (CTSD) a dressé les contours de la carte scolaire de la Manche à la rentrée prochaine. Et parmi les classes menacées de fermeture figure l'une des quatre classes de la commune. Ce mardi 26 février, le Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) doit entériner ou non ces mesures ébauchées au début du mois.

A Saint-Pois, cette fermeture de classe envisagée suscite la colère et l'incompréhension des parents d'élèves. "A la rentrée prochaine on a un effectif prévu de 80 élèves, qui sont déjà inscrits, et non pas 69 élèves sur lesquels table l'inspection d'académie. Ça veut dire que si on arrive à trois classes à la rentrée prochaine, ça ferait des effectifs de 26 élèves par classe et sur trois niveaux. Nos enfants ont le droit à une qualité d'éducation égale à celle des autres écoles", plaide Laetitia Colasse la représentante des parents d'élèves, "on a l'impression de ne pas être entendu, de ne pas compter, d'être complètement oublié dans notre monde rural.
 
Menacée de perdre une classe, la commune de Saint-Pois lance un cri d'alarme
Reportage de Rémi mauger et Pauline Latrouitte


"Nous, il ne nous reste rien"

Ce sentiment d'abandon, les membres du conseil municipal de Saint-Poix ne le connaissent que trop bien. "La ruralité, on est abandonné. Aujourd'hui, on se bat pour garder tous nos services et derrière, l'administration nous laisse tomber. On nous rogne le budget. Là, ce sont nos écoles. Toute cette qualité de vie là on est en train de la perdre, tout ça pour alimenter des réseaux plus importants. Et nous, il ne nous reste rien", déplore Joël Picque, adjoint au maire.

Et pourtant, selon Yves Lecourt, le maire de Saint-Poix, la commune ne ménage pas sa peine. Outre les investissements pour moderniser l'école, l'élu souligne que "nous avons la cantine, la garderie, le centre de loisirs, la maison d'assistantes maternelles qui va rouvrir prochainement pour faciliter aux personnes qui travaillent la garde des enfants. Notre devoir, c'est de maintenir tout ce qu'il faut pour que le monde rural dure et se développe." Et d'évoquer également plusieurs projets de construction pour accueillir notamment des pesonnes en location.

Pour ne pas mourir, la commune se bat à la fois sur le front du logement et celui des services. Et ce d'autant plus qu'elle estime avoir une carte à jouer dans le monde actuel. "On est heureux de vivre dans notre pays et on voudrait aussi que tout le monde en profite pleinement", explique Joël Picque, "Quand on voit en ville les gens qui sont entassés les uns sur les autres alors que chez nous il y a de l'espace, une qualité de vie excellente. Il ne faudrait pas qu'on nous oublie."

Ce combat pour sauver la classe de l'école est celui de tout un territoire. Une pétition est diffusée dans les commerce de Saint-Pois et des communes environnantes. Elle a recueilli plus de 500 signatures.


 

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