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15 ans des attentats de Karachi : la commémoration boycottée par une partie des familles de victimes

Devant l'enlisement de l'enquête et les promesses non tenues de Bernard Cazeneuve, une partie des rescapés et des familles des victimes ont organisé ce lundi matin une contre-cérémonie, refusant de participer aux commémorations officielles. Ils ont déposé un bouquet de fleurs fanées devant la permanence de la députée PS Geneviève Gosselin-Fleury, qui a succédé à Bernard Cazeneuve. / © Sylvain Rouil, France 3
Devant l'enlisement de l'enquête et les promesses non tenues de Bernard Cazeneuve, une partie des rescapés et des familles des victimes ont organisé ce lundi matin une contre-cérémonie, refusant de participer aux commémorations officielles. Ils ont déposé un bouquet de fleurs fanées devant la permanence de la députée PS Geneviève Gosselin-Fleury, qui a succédé à Bernard Cazeneuve. / © Sylvain Rouil, France 3

Lundi 8 mai 2017, une cérémonie de commémoration pour les 15 ans des attentats de Karachi est prévue à Cherbourg. Mais devant l'enlisement de l'enquête et les promesses non-tenues de Bernard Cazeneuve, premier ministre, des rescapés et certaines familles de victimes boycottent la cérémonie.   

Par Emilien David

Dossier Karachi : l'enquête au point mort 


L'enquête est au point mort. Depuis le départ du juge Marc Trévidic du pôle antiterroriste il y a un an et demi, "plus personne n'instruit le dossier Karachi", regrette Gilles Sanson, porte-parole du collectif des blessés de Karachi. Pourtant, des promesses ont été faites par Bernard Cazeneuve lui-même, qui a déclaré en 2012 que "la vérité est un devoir d'Etat". 

Alors pour montrer leur déception face à ces promesses non tenues, 7 rescapés et 2 veuves refusent aujourd'hui de participer à la cérémonie de commémoration à Cherbourg, à laquelle participe Bernard Cazeneuve, l'actuel premier ministre. "Il avait fait beaucoup de promesses, notamment de supprimer la Cour de justice de la République qui empêche toute avancée du volet financier de l’affaire. Rien n’a été fait. Rien non plus du côté des commissions rogatoires aux Etats-Unis et au Pakistan. L’omerta sur la question, sensible, du financement du terrorisme international reste totale " argumente Gilles Sanson, écœuré.


© Emilien David/France 3 Normandie
© Emilien David/France 3 Normandie

Une contre-cérémonie organisée


A la place, ce collectif a organisé ce lundi matin une contre-cérémonie. Un bouquet de fleurs fanées a été déposé devant la permanence de la députée socialiste Geneviève Gosselin-Fleury, successeure de Bernard Cazeneuve. Le symbole des espoirs évanouis. Une commémoration pour ne pas oublier ce qui s'est passé ce 8 mai 2002.


L'affaire Karachi, rappel : 


Quelques mois après les attentats du World Trade Centre, un kamikaze au volant d'une voiture remplie d'explosifs lance son véhicule contre un bus à Karachi au Pakistan. A l'intérieur, des employés de la direction des constructions navales de Cherbourg (DCNS). L'attaque fait 14 morts dont 11 français et douze blessés.

15 ans plus tard, la vérité n'a toujours pas été établie et aucun coupable n'a été identifié malgré plusieurs pistes étudiées sérieusement comme celle du financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, via de possibles rétrocommissions sur des contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite.

Cette affaire a été suivie de près par Bernard Cazeneuve, alors maire de Cherbourg. Lorsque celui-ci intègre le gouvernement, il promet de faire avancer l'enquête et de faciliter "l'avènement de la vérité" en annonçant une possible avancée concernant la déclassification des notes des services de renseignement réclamée par les magistrats. Des promesses toujours en suspens.


Retour sur les 15 ans de l'affaire Karachi avec ce reportage de Jean-Baptiste Pattier : 







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