• FAITS DIVERS
  • MÉTÉO
  • Société
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE

L'affaire Karachi devrait aboutir à un procès : une “victoire” pour les familles de victimes

A Cherbourg, une stèle rappelle la mémoire des victimes de l'attentat de Karachi / © MaxPPP
A Cherbourg, une stèle rappelle la mémoire des victimes de l'attentat de Karachi / © MaxPPP

La cour de cassation a tranché : les six personnes mises en cause dans le volet financier de cette affaire seront bien renvoyées devant un tribunal correctionnel. C'est un soulagement à Cherbourg d'où étaient originaires la plupart des victimes de l'attentat de Karachi du 8 mai 2002.

Par Pierre-Marie Puaud

Combien de fausses pistes, combiens de péripéties judiciaires ? Depuis qu'une bombe a visé le bus des employés de la Direction des Constructions Navales à Karachi, les familles des victimes veulent comprendre. Elles veulent savoir pourquoi quinze personnes sont mortes ce jour-là, dont onze employés venus principalement de l'arsenal de Cherbourg. Qui était vraiment visé dans cet attenat ? La Direction des Constructions Navales pour avoir vendu des sous-marins au Pakistan ? Les autorités pakistanaises ? La France ?

L'affaire Karachi expliquée aux enfants

A la télé, ou dans un journal, tu as peut-être déjà entendu parler de "l'affaire Karachi". Vendredi 4 octobre, par exemple, on a appris qu'une nouvelle personne était poursuivie par la justice : le trésorier de campagne d'Edouard Balladur, un ancien Premier ministre.



L'enquête privilégie d'emblée la piste d'Al-Quaïda. Mais en 2008, les investigations sont relancées par la divulgation du fameux "rapport Nautilus" : dans ce document, un ex-membre des services de renseignement avance l'hypothèse d'un acte de rétorsion lié à l'arrêt de versement de commissions à des responsables pakistanais, une décision qu'aurait prise Jacques Chirac après son élection de 1995. Les investigations mettent en lumière d'éventuelles rétrocommissions, et on évoque la piste du financement politique occulte : lors de la signature des contrats de vente au Pakistan, les réseaux balladuriens au pouvoir à Matignon préparaient la campagne présidentielle.

La piste du financement politique occulte 




En 2001, une autre enquête est confiée aux juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire. Elle aboutit au renvoi en correctionnel de six personnes pour abus de biens sociaux et recel, ce que la cour de cassation vient de confirmer. Parmi elles, des proches d'Edouard Balladur, et de sulfureux intermédiaires soupçonnés d'avoir joué les entremetteurs. D'après l'enquête des deux magistrats, un réseau coordonné par le Saoudien Ali Ben Moussalem, soupçonné de financement d'organisations terroristes, aurait été imposé en fin de négociation sur les contrats d'armement afin d'enrichir ses membres et financer illégalement la campagne d'Edouard Balladur. (Dans cette affaire, les cas de l'ancien premier ministre et de son ministre de la Défense, François Léotard, qui relèvent de la Cour de justice de la République (CJR), ont été disjoints.)

N'oublions pas que les familles des victimes sont à l'origine de la plainte qui a permis de révéler ce véritable scandale d'état.


La perspective d'un procès, sans doute pour 2018, est un premier soulagement, d'autant plus que la cour de cassation a aussi déclaré recevable la constitution de partie civile des familles des victimes de l'attentat. L'un de leurs avocat, Me Olivier Morice estime d'aiulleurs que ce n'est là que justice : "N'oublions pas qu'elles sont à l'origine de la plainte qui a permis de révéler ce véritable scandale d'état."

A lire aussi

Sur le même sujet

L'Armada 2019 sous haute sécurité

Les + Lus