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Mauvaises odeurs à Cherbourg : l'usine Nutrifish dans le collimateur des riverains et des professionnels du tourisme

Au beau milieu des dunes, non loin des classes de mer, l'usine Nutrifish est devenu la bête noire des professionnels du tourisme
Au beau milieu des dunes, non loin des classes de mer, l'usine Nutrifish est devenu la bête noire des professionnels du tourisme

Implantée depuis trois ans à Cherbourg, l'usine Nutrifish, unique en son genre, valorise les restes de poissons pour l'alimentation humaine et animale. Mais les odeurs exaspèrent les riverains et les professionnels du tourisme.

Par CM et SR

Il y a certaines pollutions qui ne se voient pas. Et qui ne sont pas forcément néfastes pour la santé. Mais sapent le moral de ceux qui la subissent. Les riverains de la plage de Collignon, à l'est de l'agglomération cherbourgeoise, n'ont pas le cadre de vie le plus désagréable qui soit. Quand le soleil y met du sien, c'est un véritable paysage de carte postale qui s'offre au regard. Les amateurs de sports nautiques et de grand air y trouvent leur bonheur. Tout du moins jusqu'il y a trois ans. Car ces dernières années, l'air ambiant est devenu quelque peu agressif pour les narines à cause d'un nouveau voisin.
 
Cherbourg : l'usine Nutrifish dans le collimateur des riverains et des professionnels du tourisme
Reportage de Sylvain Rouil et Jean-Michel Guillaud

Unique en son genre en France, l'usine Nutrifis a démarré son activité voilà trois ans. Le site, qui emploie une cinquantaine de personnes, valorise les restes de poissons pour l'alimentation humaine et animale. Et est devenu la "bête noire" de tout le "quartier". "On fuit les odeurs, on est toujours en train de fuir, ça arrive de ne pas ouvrir les fenêtres de la mainson, de se cloisonner chez soi alors qu'il fait 25 degrés", explique David Szlachta, riverain mais aussi directeur du club de kayak de mer du Nord-Cotentin. "Sur l'eau, les gens vont faire des grimaces, on va perdre l'attention du groupe."

Le président du club de voile voisin, lui, se demande "si cette usine là est vraiment compatible avec une zone de loisirs." Yann Crézé estime que son voisin malodorant a en partie gâché les deux précédentes saisons estivales. "Pourquoi créer 40 emplois ici (ndlr: chez Nutrifish) si c'est pour à terme en supprimer d'autres dans nos associations, que ce soit l'école de voile ou de kayak ?"
 

700 000 euros investis contre les mauvaises odeurs

Chez Nutrish, on ne nie pas le problème. Mais on appelle les professionnels du tourisme à la patience et on met en avant les 700 000 euros investis dans un système de plasma froid et un filtre à charbon pour lutter contre les mauvaises odeurs. "On est aujourd'hui dans la phase du traitement du résiduel", plaide Georges Marco, le directeur du site, "il reste encore un petit résiduel qui lui va être traité par des effets de dillution et de dispersion, on travaille sur le sujet, et on est aussi dans la phase d'apprentissage de ce nouvel équipement qu'on vient d'installer (ndlr : pour lutter contre les odeurs)."

Mais la petience des riverains est arrivée à bout. Le collectif "Odeurs Collignon", formé d'une trentaine de riverains, s'est réuni ce samedi 25 mai en assemblée générale. Il envisage de se constituer en association et de mener peut-être une action en justice.
 

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