A Bagnoles-de-l'Orne, l'établissement thermal doit demander aux curistes de reporter leur séjour faute de personnel

Publié le
Écrit par CM
L'établissement thermal de Bagnoles-de-l'Orne manque de personnels pour accueillir tous les curistes
L'établissement thermal de Bagnoles-de-l'Orne manque de personnels pour accueillir tous les curistes

A la rentrée, les établissements thermaux voient les curistes affluer en masse. Mais cette année, ils ne pourront pas accueillir tout le monde. Le personnel manque à l'appel.

Voilà six ans que Myriam Coupery travaille au Bo Resort de Bagnoles de l'Orne. L'établissement thermal, le seul du grand ouest, accueille en moynne 800 curistes par semaine pour soigner des maladies chroniques grâce aux bienfaits de l'eau. La jeune femme est réferente, elle forme les nouveaux agents thermaux. Elle connait le métier et ses contraintes. "On est ouvert de 7 heures le matin jusqu'à 19 heures, on travaille du lundi au dimanche. C'est quand même assez contraignant du point de vue de la vie personnelle. J'ai vu beaucoup de gens partir pour ces raisons-là", se souvient-elle. Mais la situation d'aujourd'hui est inédite. "En six ans, c'est la première fois que je vois ça."

En cette fin de mois d'août, l'établissement fonctionne encore normalement mais avec 10% de personnel en moins que d'habitude. "Ça nous oblige à refondre les plannings, à demander aux egnts de faire plus d'heures pour accueillir les curistes", regrette Bertrand Daban, le directeur du BO Resort de Bagnoles-de-l'Orne. Mais la situation risque d'empirer. "A partir du 6 septembre, où nous aurons bien plus de curistes, de telles organisations ne seront plus possible. Il nous manquera 25 personnes." Pour les établissements thermaux, la rentrée scolaire est en effet synonyme d'afflux de curistes, beaucoup de personnes âgées qui, après avoir passé l'été avec leur famille, s'accordent un peu de temps pour elles l'automne venu.

"De mémoire d'établissement thermal, c'est une première"

L'établissement a donc dû prendre une mesure exceptionnelle. "Nous sommes conduits à contacter les curistes pour leur demander de reporter les cures à une date ultérieure", déplore le directeur. Rien que pour le mois de septembre, ce sont 200 personnes qui ont été contactées. L'établissement fermant de fin novembre à février, certains séjours pourraient n'avoir lieu que l'année prochaine. "De mémoire d'établissement thermal, c'est une première." Selon Bertrand Daban, Bagnoles-de-l'Orne n'est pas un cas isolé dans le secteur. Et le manque de saisonniers, au coeur du problème, n'est pas propre au thermalisme.

L'établissement normand emploie une soixantaine de CDI et 250 saisonniers. "Cette année, nous avons ouvert début juin, quatre mois plus tard que d'habitude. Nous avons perdu beaucoup de saisonniers sur l'intervalle qui ont eu besoin de travailler et qui, par conséquent, sont allés chercher du travail ailleurs, dans un autre secteur d'activité. C'est un des dommages collatéraux de la crise sanitaire", estime Bertrand Daban.

Avoir le sens du contact

Si le directeur du BO Resort de Bagnoles-de-l'Orne comprend la situation, il la trouve particulièrement frustrante. "Nous sommes restés fermés longtemps l'année dernière et à nouveau trop longtemps cette année. Nous étions impatients d'accueillir nos curistes. Mais nous ne pourrons pas le faire dans des conditions correctes. Il est donc préférable de reporter." Une situation d'autant plus frustrante que les postes à pourvoir ne requierent pas de diplôme particulier. "Nous les recrutons et nous les formons. La formation est dispensée par des professionnels aguerris qui sont réfernts au sein de l'établissement, qui sont là depuis de nombreuses années."

Myriam Coupery est l'une de ces référentes. "Le plus important, c'est d'avoir le sens du contact avec la clientèle. Sur les cures, ce sont des personnes âgées qui sont là pour trois semaines donc c'est un cadre un peu plus familial. Sur la partie SPA, c'est beaucoup de tourisme, on va avoir des personnes différentes tous les jours. Le contact humain est donc très important. Et il faut aimer le travail manuel parce que c'est que du manuel." Comptez 15 jours de formation pour l'hydrothérapie et "au moins une semaine" pour les massages. Les agents thermaux sont embauchés pour des contrats saisonniers de 9 mois. "A partir du moment où vous êtes formés et que la saison s'est bien déroulée, on vous réembauche l'année suivante", assure Myriam Coupery.

 

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