Unik revient tout juste d'une semaine de travail au procès Le Scouarnec en qualité de chien d'assistance judiciaire. Ce jeune Golden retriever est encore en formation au centre Handi'chiens d'Alençon.
Au procès Le Scouarnec, des chiens d’assistance judiciaire se relaient pour accompagner les victimes dans leur difficile témoignage. Un chien dans une salle d’audience, cela peut interpeller. Au contact des victimes qui le souhaitent, ces animaux ont pour mission d’aider au témoignage, en diminuant le stress de l’humain.
"C'est très rassurant, ça rend plus fort" explique Marie Wattiau, intervenante en médiation animale à Handi'chiens, "ce sont des situations très intimidantes, que ce soient les salles d'audition ou la réalisation du procès. Cela permet de libérer la parole. Quand on a initié un travail de mise en confiance avec ces chiens, être accompagné tout au long des procédures est très rassurant et apaisant.
"C'est un vrai soutien"
"La présence du chien permet de vivre ces traumatismes et ces drames d'une façon un peu plus légère. C'est un vrai soutien" poursuit-elle. "On le constate aujourd'hui avec les retours des forces de police, de la gendarmerie, des tribunaux et des associations de victimes : c'est un vrai plus dans les procédures et dans la manière dont les victimes peuvent vivre ces moments."
La présence du chien va jusqu’à libérer physiquement le témoin qu’il accompagne. "Le contact avec un animal permet de libérer les hormones liées au bien-être. Cela apaise beaucoup, réduit le rythme cardiaque et abaisse la tension artérielle" précise Marie, ."D'ailleurs, lorsqu'on apprécie le toucher d'un animal, on ne peut pas s'empêcher de plonger ses doigts dans son pelage et d'en profiter. Le corps comprend très vite qu'il y a un bien-être à en tirer. Et il y a une réciprocité : ces chiens apprécient le contact, donc le plaisir est doublement partagé'
Dans un tribunal, ces chiens d'assistance judiciaire interviennent à la fois dans la salle des pas perdus et à la barre lors des témoignages les plus difficiles. Ils détournent l'attention des victimes pour les aider à libérer leur parole. Avec un chien à côté, les victimes se détendent et osent davantage raconter la réalité des faits.
Assister les victimes, un véritable travail pour le chien
Pour les chiens, il s’agit d’un véritable travail, qui nécessite des temps de pause. "Effectivement, il y a des temps de travail impartis. On pourrait croire qu'ils sont simplement couchés et reçoivent des câlins, mais émotionnellement, ils absorbent énormément. Ces chiens absorbent de nombreuses émotions tout au long de la journée et, eux aussi, ont besoin de décharger", précise Isabelle Feildel, éducatrice canine. Ainsi, plusieurs chiens d'assistance se relaient tout au procès Le Scouarnec.
Pour leur bien-être, il faut un équilibre. Les chiens ont besoin de moments de détente en extérieur, de liberté en forêt ou en campagne, et d'interactions avec d'autres congénères pour être bien dans leurs pattes et, par conséquent, bien dans leur mission d'assistance.
Le portrait-robot du chien d'assistance judiciaire
Pour devenir assistant judiciaire, le chien doit montrer patte blanche. Avant d’endosser ce rôle, sa personnalité est scrutée. "Nous cherchons des chiens qui aiment naturellement le contact avec différentes personnes. Ce sont des chiens qui ont cette appétence et un certain savoir-être dans l'interaction. Ils ne s'imposent pas brutalement, mais respectent la disposition de la personne à établir un lien" explique l'éducatrice canine.
"Ces qualités naturelles sont essentielles. Nous ne forçons jamais un chien à faire un câlin. Un chien d'assistance judiciaire doit être à l'aise dans divers environnements, comme les tribunaux, les commissariats ou les gendarmeries."