Luc Besson n'est pas venu défendre les cerfs de sa propriété au tribunal d'Argentan mais sa fille et sa mère, oui

© Seeger-Chung/Maxppp
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Déjà reportée une fois, l'audience était attendue. Le délibéré sera rendu le 26 décembre prochain. Luc Besson n'est pas venu en personne se présenter au tribunal, mais sa fille Shanna et la mère du réalisateur étaient dans la salle face à la fédération des chasseurs de l'Orne, en pétard. 

Par avec PL et AFP

Luc Besson n'est donc pas venu lui-même assurer, auprès de son conseil, la défense des cerfs qui vivent tranquillement dans les bois de sa propriété située à la Trinité-des-Laitiers (61).
Mais sa grande fille Shanna (l'enfant qu'il a eu avec Maïwenn et qui a aujourd'hui 26 ans) et sa propre mère (très présente dans sa propriété de l'Orne) ont fait le déplacement. Les deux femmes sont restées discrète dans la salle d'audience.

Shanna Besson a pourtant, avant cette audience, publié un message direct et sans équivoque sur son compte Instagram : la jeune fille, photographe de métier, montre un cliché d'une main tenant fermement le bois d'un cerf tombé dans la nature.

Instagram - Chaque année plus de 30 millions d’animaux sont abattus dans la nature PAR LOISIR rien qu’en France. #stopalachasse et joyeux Halloween
 


La Fédération des chasseurs de l'Orne, qui doit indemniser les agriculteurs pour les dégâts occasionnés par le gibier, réclame près de 130 000 euros

Selon les chasseurs, il s'agit de la somme que la fédération a versée à des agriculteurs pour les dédommager de dégâts causés depuis 2014 par
des cerfs venant de la propriété du cinéaste.
 
Luc Besson possède une propriété d'environ 160 hectares, dont la moitié de bois, à La-Trinité-des-Laitiers, à l'orée de la forêt de Saint-Évroult, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est d'Alençon.
  
"Le débat ici, ce n'est pas chasser (ou pas NDLR). C'est payer. Il ne chasse pas. Dont acte. On est en démocratie. C'est son droit. Mais soit il respecte le plan de chasse, soit il assume financièrement", a plaidé Charles Lagier, l'avocat de la fédération.
  

Luc Besson avait accepté un plan de chasse en 2017, déterminé par la fédération et qui prévoyait qu'il tue neuf cerfs mais cette année-là, les dégâts aux culturesont augmenté. Alors, Luc Besson il fait quoi ? C'est à se tirer les cheveux  (MeJean-Marc Descoubes, l'avocat du cinéaste)


Le "lien entre les dégâts causés et Luc Besson n'est pas démontré", a martelé le conseil du réalisateur.  Le bois du cinéaste représente "1% de la forêt de Saint-Evroult. Ça n'est pas un espace vital pour les cerfs", a aussi plaidé Me Descoubes.

Début 2016, le préfet de l'Orne avait ordonné des battues administratives sur la propriété de Luc Besson, pour faire fuir les cerfs s'y réfugiant.

La préfecture avait justifié cette décision par des dégâts occasionnés sur les champs voisins et la menace que représentaient les animaux en surnombre dans la propriété de M. Besson pour la sécurité routière.

La propriété du cinéaste fait partie d'un massif de 8.000 hectares où 300 cerfs ont été recensés, ce qui ne constitue pas une surpopulation sur l'ensemble de ce massif, avait alors indiqué la préfecture.

 

Le diaporama des Photos de Fabrice Simon chez Luc Besson



Du point de vue des chasseurs, le cinéaste ne respecte pas le plan de chasse. D'après leur fédération, entre 50 et 100 cervidés franchissent le périmètre de la propriété et occasionnent de nombreux dégâts sur les cultures de maïs voisines, depuis 2012.

Malgré des réunions en préfecture et des tentatives de médiation, aucun accord à l'amiable n'a été trouvé. La fédération ornaise a donc décidé d'assigner le cinéaste en justice.


"Dans ce régime très original, les indemnisations sont assurées par la solidarité des chasseurs envers les agriculteurs", détaille Me Charles Lagier, avocat de la fédération des chasseurs.

A leur tour, les chasseurs peuvent se retourner contre le "responsable des dégâts" causés par les cerfs et demander des comptes.
 
© Patrick Seeger/dpa/picture-alliance/Newscom/MaxPPP
© Patrick Seeger/dpa/picture-alliance/Newscom/MaxPPP


Les arguments de Luc Besson et des agriculteurs


Luc Besson :

Ces gens-là sont à contresens de l'histoire.


Luc Besson, peu bavard dans la presse, s'est néanmoins exprimé sur le sujet en septembre dernier dans les colonnes du Parisien

"En plein débat sur le drame de l'écologie et de la biodiversité qui touche toute la planète, les chasseurs de l'Orne me demandent de tuer les cerfs qui passent devant chez moi ! Dois-je mettre mes enfants au balcon pour l'occasion ? Ces gens-là sont à contresens de l'histoire".
 


Pourquoi les agriculteurs sont-ils excédés ?
 
Avant-Procès de Luc besson sur l'affaire des cerfs : témoignage d'un agriculteur

Les chasseurs ont préparé leur défense et font valoir 11 constats d'huissiers effectués entre janvier 2016 et mars 2017, relevant des piétinements, des empreintes et des plans broutés.

"Cette année on a battu tous les records. Avant c'était un ou deux hectares par-ci ou par-là mais là on subit trop. Il faut arrêter. On tolère les animaux, on a l'habitude ! mais là, c'est vraiment plus possible", explique Stéphane Lecaché, dont la parcelle de maïs a été endommagée. 


L'avocat de Luc Besson met en avant un conflit d'intérêt troublant


C'est une particularité locale. Mais il ne faut pas oublier que le Président de la Fédération des chasseurs de l'Orne n'est autre que Christophe de Balorre, également président du Département de l'Orne. 

"Je crains que pour des motivatons électoralistes, les indemnisations demandées par les agriculteurs soient systématiquement payées", a indiqué le conseil de Luc Besson aux juges du tribunal d'instance. Une déclaration qui a crée l'indignation dans la salle, parmi les chasseurs et agriculteurs présents.

La décision est mise en délibéré au 26 décembre 2019.


 

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