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Dans le Perche, une moisson de pailles pour lutter contre le plastique à usage unique

© NC
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Jeff Lubrano et Mike Sallard ont lancé un concept innovant de pailles en paille à Courgeoût dans l’Orne. Objectif : proposer une alternative aux pailles en plastique qui seront interdites en Europe au 1er janvier 2021.

Par Nicolas Corbard

Ils ne sont pas peu fiers de nous présenter leur petit bijou. Une authentique faucheuse-batteuse-lieuse Puzenat, du début du XXe siècle, dénichée chez un vieux paysan de la Sarthe.

Un engin que l’on a plus l’habitude de voir chez les collectionneurs ou dans les musées que dans un champ. Aujourd’hui, il est pourtant indispensable à la moisson particulière de Mike Sallard et Jeff Lubrano :

« On ne peut pas utiliser les machines modernes qui sont trop violentes pour nos pailles. Ce n’est pas plus mal au final. On aimerait bien bosser avec des chevaux aussi »

Des chevaux … percherons, ça va de soi. Car la « Perche », cette paille en paille, est – comme son nom l’indique – fabriquée à Courgeoût dans le perche ornais.
 
© NC
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Deux hectares de seigle sont en train d’être fauchés en ce moment sur l’exploitation bio de Mike Sallard. Cette seule parcelle devrait permettre de produire au minimum 2 millions de pailles.

La récolte est si bonne cette année, que la production de pailles devrait être plus importante que prévu: 10 millions de tiges au lieu des 6 millions initiaux. 
 
© PM Puaud
© PM Puaud
 

Tendre la Perche pour mettre fin au plastique


Mike et Jeff ont décidé de « tendre la perche » aux consommateurs et aux professionnels de la restauration en anticipant la fin du plastique à usage unique au 1er janvier 2021, votée par le parlement européen.

Les pailles sont en effet un fléau pour l’environnement, particulièrement pour les océans et les animaux marins. Rien qu’en France, 9 millions de pailles en plastique sont utilisées chaque jour. 3.2 milliards par an.
 

Un procédé de fabrication gardé secret

Mais si l’idée est simple, sa mise en œuvre est plus complexe qu’elle n’y paraît. Mike a dû sélectionner une céréale particulièrement robuste et surtout mettre au point un nouvelle méthode pour semer son seigle.

Ensuite, il faudra trier les plantes à la main et couper les tiges pour en faire des pailles. Les deux hommes ont mis aussi en place un process innovant pour rendre cette paille compatible avec les normes de l’agroalimentaire, comme l’indique Jeff Lubrano :


« l’ergot du seigle peut intoxiquer les gens si ce n’est pas nettoyé correctement. Pour l’instant nous gardons ce procédé secret »

 
© Nicolas Corbard
© Nicolas Corbard

L’idée n’est pas pour Mike et Jeff de faire fortune en vendant des pailles mais de prendre garde que la philosophie de cette entreprise ne leur échappe pas. 

Ces pailles ont vocation à être vendues en circuit court et à s’inscrire dans une économie circulaire. Le but est aussi de valoriser ce déchet de l’agriculture bio en proposant une nouvelle filière aux paysans. Plusieurs agriculteurs bio du Perche sont déjà partenaires du projet.

Le reportage de Pierre-Marie Puaud et Nicolas Corbard :


Intervenant : Mike Sallard, agriculteur bio à Courgeoût dans le Perche et cofondateur de "La Perche"/ Jeff Lubrano, designer et cofondateur de "La Perche" 
 

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