Prison de haute-sécurité de Condé-sur-Sarthe : les gardiens ont débrayé pour réclamer des mesures urgentes

Ce mercredi 6 octobre 2021, les surveillants pénitentiaires ont cessé le travail et se sont rassemblés devant la prison de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne. Un mouvement de soutien à leurs deux collègues pris en otage hier mardi. Les surveillants réclament également des moyens supplémentaires.

Ils se sont rassemblés à l'aube devant les portes de la prison, en solidarité avec leurs deux collègues pris en otage la veille par un détenu dangereux. Les gardiens pénitentiaires ont bloqué plusieurs heures les accès de l'établissement, avant de laisser entrer leurs collègues de service. La surveillante titulaire et un jeune stagiaire ont été particulièrement choqués par cette agression.

Le jeune collègue stagiaire avait pris ses fonctions il y a quinze jours à peine. Il n'est pas bien et très anxieux de revenir sur l'établissement.

Kevin Gripon, Secrétaire local FO Pénitentiaires.

Une prison de haute-sécurité où les gardiens ne se sentent pas en sécurité 

La prise d'otage survenue ce mardi 5 octobre n'est pas la première du genre. En 2019, deux surveillants avaient été agressés au couteau par un détenu. L'homme s'était ensuite retranché avec sa compagne dans l'unité de vie familiale avant que les forces d'élite de la police ne donnent l'assaut, blessant l'assaillant et tuant sa compagne. A l'époque, l'administration pénitentiaire avait notamment promis un renforcement des effectifs, "qui sont bien arrivés mais quand les collègues sont absents, ils ne sont pas remplacés" ajoute Kévin Gripon du syndicat FO de la prison de Condé-sur-Sarthe.

La prison de haute-sécurité de Condé-sur-Sarthe a ouvert ses portes en 2013 pour accueillir des détenus parmi les plus dangereux de France. A l'époque, elle avait été présentée comme "la prison la plus sécurisée de France". L'établissement avait été conçu dans sa structure et sa logistique pour renforcer la sureté et la sécurité des détenus. Pourtant la prison a été le théatre de plusieurs incidents sérieux qui posent question sur son mode de fonctionnement. 

Un bilan s'impose

Le Maire d'Alençon, Joaquim Pueyo réclame une évaluation complète de la prison de Condé-sur-Sarthe. Celui qui a dirigé en 2007 la prison de Fleury-Mérogis, qui est considérée comme le plus grand centre pénitentiaire d'Europe, estime que huit ans après son inauguration par Christiane Taubira, la Garde des Sceaux de l'époque, " il faut faire une évaluation très fine de l'établissement de Condé pour que les surveillants travaillent dans de bonnes conditions". L'ancien député de l'Orne réclame des réponses aux questions que posent, selon lui, ces prises d'otages au sein de la prison.

Il faut regarder les procédures de sécurité. Que faut-il renforcer ? Est-ce qu'on doit faire passer systématiquement les détenus par des portiques quand ils sortent de leurs cellules ? Il faut que les agents travaillent dans des espaces sûrs. Je rappelle qu'en France, cinq mille surveillants se font agresser chaque année par des détenus et ce n'est pas acceptable.

Joaquim Pueyo, Maire d'Alençon.

Les surveillants de la prison sont bien décidés à rester devant l'établissement jusqu'à la venue de la Directrice Interrégionale des services pénitentiaires Grand-Ouest prévue le vendredi 8 octobre 2021.

 

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