Plus d'un mois après l'inondation de Lisieux et ses environs, les habitants peinent à être dédommagés

L'inondation a détruit deux ponts en bois chez un producteur de fleurs à Saint-Désir / © France 3 Normandie
L'inondation a détruit deux ponts en bois chez un producteur de fleurs à Saint-Désir / © France 3 Normandie

Le 25 juin dernier, un violent orage frappait Lisieux et ses environs dans le Calvados. Des dizaines d'habitations ont été inondées. Pour l'instant, l'événement n'est pas reconnu "catastrophe naturelle". En conséquence, les assurances ne couvrent pas l'intégralité des dégâts matériels.

Par Anaïs Lebranchu

Plus d'un mois après le tragique événement, les habitants de Lisieux et ses environs sont dans l'attente. Le 27 juin dernier, peu après l'inondation, plusieurs communes ont déposé une demande de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. Le but, permettre aux particuliers et aux professionnels d'être dédommagés des dégâts matériels intérieurs et extérieurs.

Une décision qui appartient au gouvernement

La demande de reconnaissance de l'état de catastrophe doit être réalisée par la municipalité des villes concernées. Les maires de Lisieux, Saint-Pierre-des-Ifs ou encore Saint-Désir et d'autres communes alentour se sont réunis pour faire un dossier "étoffé" selon Bernard Aubril, le maire de Lisieux. Le but : "qu'il soit retenu au niveau national". En effet, seul le gouvernement peut reconnaître les situations de ce type comme "catastrophe naturelle".
 

L'attente se fait longue...

Les assurances, les maires et les sinistrés ne peuvent qu'attendre la publication de cette reconnaissance dans le Journal Officiel. "Je peux comprendre que tout le monde ait besoin de vacances" témoigne Eric Aumont, un professionnel sinistré, "mais ça aurait été bien que ça passe avant, de façon pouvoir lancer les entreprises et les travaux pour la rentrée".

Pour l'instant, je ne peux plus relancer mon activité (Eric Aumont, professionnel sinistré)

Eric Aumont avait repris son commerce de fleurs en janvier dernier. L'inondation a détruit de nombreux aménagements qu'il avait réalisés depuis. L'une des conséquences les plus graves pour lui est la perte de sa chaudière, indispensable pour reprendre son activité.

Il constate avec regret : "Tout le moteur a été noyé, tout a été envasé à l'intérieur, elle a eu 80 cm d'eau donc elle n'est plus en état de fonctionner et j'en ai besoin pour fin septembre grand maximum". Le devis qu'il a réalisé estime les réparations de la chaudière à près de 45 000 euros.

Des habitants qui ne sont toujours pas relogés

Les particuliers, eux aussi, ont été victimes de l'inondation. "Notre maison est dans une vallée" témoigne Mickaël Georgelin, sinistré "impossible d'échapper à la vague".

Lui, sa compagne et leurs deux enfants ont dû quitter leur logement après que l'eau soit montée jusqu'à plus d'un mètre dans leur maison. Si leur assurance prend en charge la réhabilitation de cette dernière, les voitures, l'électro ménagé et tous les éléments matériels ne le sont pas encore. 

Rien n'est dit, on est complètement dans le flou (Mickaël Georgelin, sinistré)

Un reportage d'Anaïs Lebranchu et Claude Leloche

Des aides proposées par la commune de Lisieux

Bernard Aubril, le maire de Lisieux reconnaît un "vaste élan de solidarité" qui est né suite à l'inondation. "Quand il y a une catastrophe, l'aspect humain revient au premier plan.". Près de 130 habitants ont déclaré leur sinistre. Pour les soulager, la ville va proposer des aides financières à hauteur de 600€ maximum par cas.

Pour faire face aux premiers besoins des familles, on a mis en place un fond de secours particulier (Bernard Aubril, maire de Lisieux)

Un investissement qui ne pourra pas couvrir les dégâts causés par l'inondation mais qui aidera les habitants à surmonter cette épreuve. 
 

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