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Les sangliers sont-ils trop nombreux en Normandie ?

les sangliers sont-ils trop nombreux en Normandie ? / © BELPRESS/MAXPPP
les sangliers sont-ils trop nombreux en Normandie ? / © BELPRESS/MAXPPP

Chaque année, des agriculteurs voient leurs champs labourés par des sangliers, les rendant inutilisables. Comment lutter contre l'envahissement, quelles sont les indemnisations et le nombre de sangliers a-t-il grimpé ces dernières années ? Éléments de réponse :

Par L.A / A.M

A Champ-du-Boult (14) les sangliers envahissent son champ

Depuis plusieurs mois des hardes de sangliers envahissent les champs de Joël Jegou toutes les nuits et les rendent inutilisables pour ses vaches. Le problème a pris une telle ampleur que l'agriculteur pense que son exploitation est en péril. Les prairies en contre-bas de sa ferme sont labourées sur toute leur surface. Pourtant les membres de la société de chasse locale font tout ce qu'ils peuvent pour aider l'agriculteur, ils viennent sur ses terres tous les quinze jours. Mais les sangliers sont malins. Au moindre fusil qui s'approche, ils se réfugient à quelques dizaines de mètres dans des bois privés.

Reportage N.Dalaudier, J.Hamard

Une population de sangliers, en hausse légère

Les agriculteurs sont nombreux à se plaindre car la population de sangliers est en augmentation pour plusieurs raisons : 
  • le développement de cultures très attractives comme le maïs
  • des hivers moins rigoureux, ce qui réduit la mortalité infantile des marcassins, les petits sangliers (compter 8 à 12 petits par portée)
  • la ligne de conduite des chasseurs : certains chasseurs essaient de ne pas tirer les femelles en charge d’une portée car s’ils pratiquent la chasse, ils ne souhaitent pas l’extinction d’une espèce
  • et une autre raison que l’on peut citer : le choix des propriétaires. Certains, par conviction personnelle, ne veulent pas que leurs terres soient chassées. Et là, les chasseurs ne peuvent rien faire pour réguler. C’est un problème qui se pose par exemple dans le Pays d’Auge.
Dans la Manche, d’après la Fédération de chasse, l’augmentation serait assez légère ces dernières années. Un chiffre le laisse penser : 1 424 sangliers tués ont été déclarés sur la saison de chasse 2008-2009. Il y en a seulement 450 de plus dix ans plus tard.

Des chiffres qui dessinent une tendance sans toutefois nous donner une évaluation précise de la population puisque il n’y pas de plan de chasse pour le sanglier dans la Manche. Tout chasseur de gros gibier est autorisé à en tuer, sans avoir forcément à le déclarer. Qui plus est, 
c’est un gibier très nomade. En tout cas, une chose est sûre : sa présence est plus importante dans les secteurs boisésQui indemnise les agriculteurs lésés ?
Quand un agriculteur subit des dégâts, il est indemnisé. C'est un budget qui pèse pour les Fédérations de chasse. Et il  va peser de plus en plus lourd. L’agriculteur qui subit des dégâts se tourne vers la Fédération de son département qui mandate alors un expert agricole.
Cet expert va évaluer la perte de culture et donc de revenus. 

A titre d’exemple, toujours dans la Manche, sur la saison 2016/2017, 160 dossiers ont été instruits pour un budget indemnisation qui s’est élevé à 118 500 €.

Pour mieux financer les demandes d’indemnisation, la loi chasse, en discussion actuellement, prévoit certaines dispositions comme une taxe à l’hectare payée par les propriétaires fonciers et qui viendrait alimenter la cagnotte. Mais les contours de cette taxe restent encore assez flous.

Quelles solutions ?

En cas de surpopulation localisée, un agriculteur peut demander une battue ou des tirs sélectifs soit à la société de chasse pendant la période de chasse, soit aux services de l’Etat (entre juin et septembre). 

Il est également possible de tenter de maintenir le gibier dans son milieu naturel. C’est la technique de l’agrainage qui consiste à mettre du grain dans les bois 






 

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