Côte d'Albâtre : l'interdiction de baignade prolongée au moins jusqu'au 24 juillet

Les panneaux interdisant baignade et activités nautiques toujours en vigueur le vendredi 19 juillet. / © M. Moiroud-Musillo / France 3 Normandie
Les panneaux interdisant baignade et activités nautiques toujours en vigueur le vendredi 19 juillet. / © M. Moiroud-Musillo / France 3 Normandie

En pleine saison touristique, l'interdiction des activités nautiques tombe mal. Une pollution liée à un incendie dans la station d'épuration de la station balnéaire a conduit la Préfecture et l'ARS à prolonger ces mesures, selon le principe de précaution.   

Par Marc Moiroud-Musillo

Si l'eau du robinet n'est en aucun cas concernée, les eaux de la Manche sur une zone allant du Tilleul, Etretat, Yport à Vattetot-sur-Mer (Seine-Maritime) sont impropres à la baignade et aux activités nautiques. L'interdiction d'entrer dans la mer court au moins jusqu'au mercredi 24 juillet 2019. 

Un incendie sur un appareil électrique de la station d'épuration d'Etretat a mis à l'arrêt les équipements. Ce sont donc des eaux usées non traitées qui ont été déversées dans le réseau d'assainissement de la célèbre station balnéaire normande. Elles ont fini leur course dans la mer. L'Agence régionale de santé, craignant un risque sanitaire pour les baigneurs, a par principe de précaution demandé à la Préfecture de Seine-Maritime d'interdire les activités nautiques. 

La levée de l'interdiction dépend, selon la Préfecture, des résultats d'analyse de l'eau qui seront connus "mercredi ou jeudi", a indiqué Emmanuelle Martin, ingénieure à l'Agence régionale de santé (ARS) lors d'une conférence de presse à Etretat le jeudi 18 juillet 2019. 


La station d'Etretat a perdu sa capacité d'épuration normale

 

Un système de pompage des eaux usées avec une "noria de camions-citernes" a été mis en place afin que ces effluents soient traités par des stations voisines, a précisé Benoît Lemaire, directeur de cabinet du Préfet de la Seine-Maritime. Car si rien n'est fait, on se retrouve avec tous les égouts dans la mer, comme dans les années 60 ou 70".


Les camions procèdent à un vidage partiel des eaux usées qui seront plus difficiles à évacuer en cas de pluies importantes. Ils resteront en place jusqu'à ce qu'un système de traitement provisoire des eaux usées soit effectif. Il devrait entrer en action lundi 22 juillet ou mardi 23 selon la Préfecture de Seine-Maritime. 
    

Des prélèvements seront alors effectués pour mesurer l'efficacité de ce système. Les résultats des analyses seront connus mercredi 24 ou jeudi 25 juillet et la levée de l'interdiction en dépendra" a expliqué le directeur de cabinet du Préfet. 

Des prélèvements sont prévus sur des gisements de moules au large. 

Début août, un système de traitement des eaux grises répondant aux normes e nvigueur sera mis en place. La reconstruction de la station d'épuration prendra, elle, plus ieurs mois.  
 

Une saison touristique perturbée ? 

Touristes français et étrangers sont présents en nombre pour découvrir la célèbre arche d'Etretat et les valleuses du pays de Caux. L'annonce de la prochaine canicule va très probablement entrainer un pic d'affluence de vacanciers en quête d'une relative fraîcheur comme ce fut le cas lors de la vague de chaleur de juin 2019. L'interdiction de plonger dans l'eau tombe donc au plus mauvais moment. La maire d'Etretat se veut pourtant rassurante :
 

On est en plein pic de fréquentation", confirme Catherine Millet. Mais elle précise que l'interdiction n'aura pas d'impact sur la fréquentation de ce site plus connu pour ses falaises que pour sa plage de galets, dont l'accès reste autorisé.


Les commerçants que nous avons pu rencontrer n'ont pas noté de baisse d'activité lors du premier jour de l'entrée en vigueur de l'arrêté. 


La pêche aux coquillages et crustacés interdite 

La pêche et la consommation des coquillages filtreurs sont par ailleurs interdites depuis le 10 juillet 2019 sur le littoral et dans les eaux maritimes entre les communes du cap d'Antifer et de Veulettes-sur-Mer, ce qui inclut les quatre plages où la baignade vient d'être interdite.
  
L'interdiction de pêche avait été décidée en raison de la présence d'une algue, le dinophysis, selon l’ARS.
 
 

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