300 postes supprimés par la fermeture de l'atelier de compresseurs Siemens

Siemens Energy France a annoncé ce mardi 1er septembre 2020 la fermeture prochaine de l'unité de fabrication de compresseurs Dresser Rand au Havre. Les 300 salariés devraient être en partie redéployés sur l'usine éolienne prévue dans la même ville.

Devant les portes de Dresser Rand au Havre
Devant les portes de Dresser Rand au Havre © France 3 Normandie
C'est une dépêche de l'AFP qui a confirmé la nouvelle ce mardi 1er septembre.
Siemens Energy France a annoncé officiellement son intention de fermer l'unité de fabrication de compresseurs Dresser Rand au Havre.

Ce site emploie actuellement 300 personnes, qui devraient être donc à terme en partie redéployées sur l'usine éolienne prévue dans la même ville.
 

Des salariés redéployés en bretagne et sur l'usine havraise d'éoliennes 


Une autre part des salariés concernés se verront aussi proposer un emploi sur le site de la centrale à gaz que Siemens doit construire pour Total Direct Energie à Landivisiau (Finistère), a indiqué à l'AFP le président de Siemens Energy France, Samuel Morillon.

Pour d'autres, parmi les plus âgés, un accompagnement au départ serait proposé dans le cadre d'un plan présenté mardi aux représentants du personnel. Baptisé "Le Havre transition énergétique 2022", il serait appliqué au long de l'année 2021.

Cette usine Dresser Rand, firme américaine passée dans le giron de Siemens en 2014 mais en difficulté, fabrique des équipements de compression pour l'industrie pétrolière.
 

 Ses salariés "seront privilégiés dans le processus de recrutement" de l'usine d'éoliennes offshore de Siemens Gamesa, dont le chantier vient de démarrer.

Samuel Morillon, président Siemens Energy France


Un marché du pétrole devenu trop volatile et imprévisible 



Si l'atelier de fabrication ferme, le site même de Dresser Rand ne sera pas fermé. Il conservera quelque 260 personnes pour des activités de services et de maintenance.
 

 "Siemens Energy France veut peser dans la transition énergétique, et nous avons choisi ce site du Havre pour passer d'un monde à l'autre", 

Samuel Morillon, président Siemens Energy France


Pour lui, il ne s'agit pas d'une "fermeture" mais d'un "redéploiement" des équipes, avec une volonté de "concertation" et de "prendre en compte les paramètres humains".

La direction se justifie également en évoquant un marché du pétrole "volatile et imprévisible", et Dresser Rand y rencontre des difficultés en France depuis plusieurs années.

L'usine d'éoliennes (pales et assemblage de nacelles) que Siemens Gamesa développe au Havre pour une mise en service fin 2021 ou début 2022, doit, selon l'industriel, générer 750 emplois directs et indirects.


Sur place, les salariés et représentants syndicaux ont réagi très vivement à la nouvelle.

Le reportage de Juliette Baeza et Calypso Vannier  : 

 
La fermeture de l'usine Dresser Rand au Havre ©France 3 Normandie

 

Des réactions politiques contrastées


Aussitôt, le monde politique local a tenu à réagir avec des opinions qui diffèrent selon les tendances. 

A droite et pour la municipalité en place, il ne faut pas y voir une perte préjudiciable pour l'économie locale, mais au contraire le signe d'une révolution verte en marche :  
 

" C'est emblématique de la transition énergétique que vit Le Havre, une transition rapide à cause de la crise et qui provoque des bascules des énergies fossiles vers des énergies renouvelables, avec les emplois qui seront associés à l'éolien offshore "

Jean-Baptiste Gastinne, premier adjoint au maire du Havre



A gauche, en revanche, on estime plutôt que cette décision est la fermeture de trop qui marque un mauvais tournant pour la ville. 
 

"Après la centrale thermique, maintenant l'usine Dresser! Quelle sera la prochaine fermeture ? A ce rythme, Le Havre peut être bientôt sinistré économiquement ! Donc, il y a urgence à ne pas subir, à se mettre autour de la table pour que le capital ne prenne pas toutes les décisions au détriment des travailleurs !"  

Jean-Paul Lecoq, député PCF de Seine-Maritime



 
Les réactions politiques à cette fermeture programmée ©France 3 Normandie

 
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