"Je suis bouleversée", l'émotion des descendants des vétérans anglais lors des 80 ans de l'Opération Biting à Bruneval

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Écrit par Calypso Vanier

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, dans la nuit du 27 au 28 février 1942, 120 parachutistes britanniques ont sauté au-dessus de la Côte d’Albâtre. Une commémoration avait lieu ce dimanche 26 juin en présence des autorités britanniques, françaises et de descendants de vétérans.

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Il l'avait promis à son père sur son lit de mort il y a 53 ans. Et il l'a enfin fait ce samedi 25 juin. Alan Scott s'est recueilli sur la tombe de son oncle, l'un des deux soldats morts lors de l'Opération Biting pendant la Seconde Guerre Mondiale en février 1942 à Saint-Jouin-Bruneval en Seine-Maritime. Alors forcément, ce dimanche lors de la célébration des 80 ans de l'action militaire, le septuagénaire anglais est bouleversé. 

C'est très spécial d'être ici. On m'a appelé Alain comme mon oncle et on m'a toujours raconté ses exploits. Ma famille a longtemps cru qu'il était mort lors du raid de Dieppe. En réalité, il a sauté de la falaise à Bruneval car il a cru, de là où il était, qu'elle n'était pas très haute.

Alan Scott, neveu d'un vétéran

Plus de 300 personnes se sont réunies ce dimanche autour du Mémorial de Saint-Jouin-Bruneval. Parmi elles, des autorités militaires britanniques, françaises, des habitants de la commune de Saint-Jouin-Bruneval et une cinquantaine de descendants de vétérans anglais.

Caroline Frost a tenu à faire le déplacement. En tant que "Major", son père John Frost a commandé la compagnie C du 2ème bataillon du régiment de parachutistes lors de cette opération dite "coup de croc". 

Je suis submergée par l'émotion. C'est très important pour moi d'être ici. Il faut préserver cette mémoire, se souvenir des sacrifices du passé d'autant plus avec ce qui se passe en Ukraine.

Caroline Frost, fille du "Major" John Frost

Le général de l'armée britannique venait souvent à Saint-Jouin-Bruneval se recueillir. Caroline Frost se souvient du lien très étroit qu'entretenait son père avec ses hommes. "Mon père a toujours été très fier de ce qu'ils ont réalisé ce jour-là. Leur mémoire était pour lui sacrée car pour les hommes qui combattent ensemble, ce lien est encore plus fort que la famille". 

La 1ère action combinée des Alliés 

Il y a 80 ans, l'une des opérations les plus audacieuses de la Seconde Guerre mondiale se joue à Saint-Jouin-Bruneval. Dans la nuit du 27 au 28 février 1942, la 1st Parachute Brigade, la Royal Air Force, la Royal Navy et les réseaux de résistance français dirigent un raid naval, terrestre et aérien.

120 parachutistes britanniques sautent au-dessus de la Côte d’Albâtre. L’objectif : atteindre un radar allemand situé sur la commune de La Poterie – Cap d’Antifer. Le radar permet de mesurer avec précision le relevé des vols des avions, l’altitude et la distance.

En moins de 3h, l'appareil est localisé. Les Alliés parviennent à s’emparer des composants clés du radar et à faire prisonnier des opérateurs allemands. Grâce à ce succès, l'Angleterre sera en mesure d’évaluer le niveau technologique des Allemands, de rattraper son retard et de trouver un moyen de brouiller les radars lors des prochaines opérations. 

Cette opération représente la 1ère action combinée des Alliés en France. Elle sera un premier pas vers le Débarquement du 6 juin 1944 et la libération de l’Europe. 

Une barge anglaise exposée 

Pour préparer cet anniversaire, la commune de Saint-Jouin-Bruneval a réaménagé le site du Mémorial et exposé une barge anglaise. Une réplique la plus fidèle possible d'une des embarcations utilisées par les parachutistes pour repartir vers l'Angleterre après le succès de leur opération commando.