Près du Havre, la commune de Gonfreville-l'Orcher se souvient de la Libération et de la précarité de l'après-guerre

Gonfreville-l'Orcher se souvient de de la précarité de l'immédiat après-guerre et de la vie dans les baraquements "dans un esprit de résistance, de solidarité et de luttes" / © France 3 Normandie / Image extraite de la vidéo du JRI Emmanuelle Darcel
Gonfreville-l'Orcher se souvient de de la précarité de l'immédiat après-guerre et de la vie dans les baraquements "dans un esprit de résistance, de solidarité et de luttes" / © France 3 Normandie / Image extraite de la vidéo du JRI Emmanuelle Darcel

Ce 8 mai 2019, les cérémonies de Gonfreville-l'Orcher sont aussi l'occasion d'inaugurer une "Maison du patrimoine et des cités provisoires", souvenir des baraquements où les victimes des bombardements ont trouvé refuge en 1947
 

Par Richard Plumet

C'est une page méconnue de l'histoire de la Libération de la Normandie que, depuis une quinzaine d'années,  la municipalité de Gonfreville-l'Orcher ne veut pas voir tomber dans l'oubli.
En septembre 1944 la ville du Havre est entièrement rasée par deux bombardements des Alliés. En plus des 2053 morts, on dénombre plusieurs dizaines de milliers de sinistrés parmi la population civile de l'agglomération havraise.
Dans le même temps, à l'automne 44, les troupes américaines construisent en Seine-Maritime des camps de transit pour les soldats. De véritables petites villes  faites de bâtiments préfabriqués où tout le confort moderne était prévu. Portant le nom de marques de cigarettes, ces camps se situaient près du port de Rouen (à Saint-Pierre de Varengeville), mais aussi en Pays de Caux, avant l'ouverture, dès la remise en route du port du Havre,  de plusieurs "camps cigarette" dans l'agglomération havraise.
 
 

Les cités provisoires de Gonfreville

L'un de ces camps, le "Philip Morris", était sur le territoire de la commune de Gonfreville-l'Orcher. Le contraste entre l'opulence à l'intérieur de ces bases américaines et le dénuement des habitants qui vivaient autour revient souvent dans le témoignage des anciens.

En 1947, au départ des Américains, et alors que la reconstruction du Havre n'a pas encore commencé, plusieurs milliers  de sinistrés viennent habiter dans les bâtiments du camp. Dans cette véritable petite ville (l'armée US y avait construit un hôpital, des commerces, un cinéma…), la vie s'organise dans un esprit d'entraide et de fierté. En 2016, Jean-Paul Lecoq, alors maire de Gonfreville, expliquait que c'est dans ces cités provisoires "qu’est né l’esprit gonfrevillais que nous connaissons aujourd’hui. Cet esprit fait de résistance, de solidarité et de luttes."
 
Un musée de l'après-guerre à Gonfreville-l'Orcher
VIDEO : le reportage de B. Drouet et E. Darcel
 

Un musée 

Voulant "faire revivre ces lieux pour entretenir l’esprit, les valeurs de notre ville et de ses habitants", la ville de Gonfreville l'Orcher a, au fil des ans, collecté des témoignages, des documents et conservé puis restauré trois anciens baraquements de 1944.  

Puis un musée retraçant toute cette histoire a été créé en 2019. Il ouvre au public ce 8 mai à 14h.
 

Visite de la maison du patrimoine & des cités provisoires de Gonfreville l'Orcher, GONFREVILLE-L'ORCHER

À la fin de la deuxième Guerre mondiale, les Américains ont installé en Seine-Maritime, à proximité du Havre, des camps de transit, financés par les grands cigarettiers américains, pour accueillir les soldats à leur arrivée ou en attendant de ré-embarquer pour les États-Unis.

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