Après l'incendie de Lubrizol à Rouen, la population s'interroge devant des gendarmes équipés de masques à gaz

Des gendarmes à l'angle de Bricorama, à Sotteville-lès-Rouen (76) / © Arnaud Gallet
Des gendarmes à l'angle de Bricorama, à Sotteville-lès-Rouen (76) / © Arnaud Gallet

Aucune consigne n'a été donnée à la population en ce sens. Et pourtant gendarmes et policiers sont équipés de masque à gaz performant dans les rues de Rouen. Alors que la préfecture tente en même temps de rassurer la population, c'est l'incompréhension totale. 

Par C. Belsoeur et SC


Les habitants attendent des informations sur les risques sur la santé et aussi sur les responsabilités de cet incendie, plus grand accident industriel de puis l'explosion de l'usine AZF. Le parquet a décidé d"ouvrir une fenêtre"sur l'enquête samedi 28 septembre.

"La cause de l'incendie n'est pas encore connue" explique le procureur de la République, Pascal Prache dans un communiqué.


A l'angle du Quai de France et du cour Camille Claudel, à Rouen, Arnaud, est au volant de sa voiture ce vendredi 27 septembre 2019 lorsqu'il observe surpris  faceà lui des gendarmes (ndlr : photo de l'article ) équipés de masque à gaz. Immédiatement, il prend une photo. 
 

Pourquoi équipe t-on les forces de l'ordre et pas la population ? Une question qu'il n'est pas le seul à se poser. D'autres témoignages vont en ce sens. "Cet après-midi j'étais en voiture dans le centre-ville de Rouen et j'ai croisé des policiers qui avaient des masques dans leur véhicule. Je me suis posée la même question", témoigne Marine qui travaille près des quais. 
 



Twitter- sur son compte Twitter la gendarmerie nationale publie elle-aussi des photos avec ses gendarmes bien équipés, ils sont de dos mais on voit bien les liens qui tiennent les masques.
 

"On était juste avec des protections de papier" alerte un pompier

"L'odeur était effroyable. On pataugeait dans une flaque de 10 centimètres d'hydrocarbures. On ne ressent pas d'effets secondaires pour le moment, hormis la toux. Je suis intervenu jeudi matin à partir de 8 heures sur l'incendie à l'usine Lubrizol et aujourd'hui je tousse, comme mes collègues", nous confie un pompier de Seine-Maritime. 

Plusieurs pompiers ont des nausées, vomissements, maux de tête, diarrhées. "on a tous des symptômes" dit anonymement le pompier.

 

Lubrizol "on était juste avec des protections en papier" témoigne un pompier
D. Le Fauconnier et Olivier Flavien

Un rassemblement pour demander de la transparence


En fin de journée, ce 27 septembre 2019, plusieurs personnes se sont retrouvées devant la Préfecture de Seine-Maritime pour demander plus de transparence sur l'impact de cette fumée pour leur santé. 


Twitter- Des habitants en colère devant la préfecture


 


En plein doute des citoyens et des élus demandent des comptes. C'est une crise de défiance qui éclate face à des autorités préfectorales qui affirment sans relâche depuis l'incendie qu'il n'y a rien à craindre. Alors que les fonctionnaires de police ou gendarmerie sont, eux,protégés. Le paradoxe est trop gros.


Twitter- Les policiers portent des masque à gaz en attendant la ministre de la santé

 

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