Rouen : la salle de concerts Exo 7 est en cours de démolition

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Écrit par Richard Plumet
Démolition de la salle de concerts Exo 7 à Petit-Quevilly (Seine-Maritime) le 30 septembre 2021
Démolition de la salle de concerts Exo 7 à Petit-Quevilly (Seine-Maritime) le 30 septembre 2021 © Richard Plumet / France Télévisions

L'ancien cinéma Le Chartreux de Petit-Quevilly (Seine-Maritime), transformé en discothèque et salle de concerts sous les noms de Studio 44 puis d'Exo 7, a vu passer des dizaines d'artistes et de groupes de renom international. Le bâtiment est en cours de démolition pour un projet immobilier.

C'était un cinéma de quartier construit au début des années cinquante au bord d'une grande place située à quelques centaines de mètres de Rouen : la place des Chartreux à Petit-Quevilly.
"Le Chartreux" fut le nom que Michel Cavelier donna à son moderne cinéma.

Sous l'enseigne, on découvrait un large hall vitré avec au centre une caisse. La salle était grande, sans balcon, d'une capacité de 700 places. Les fauteuils en velours rouge descendaient en pente douce jusqu'à l'écran au pied duquel se trouvait une petite scène arrondie.

The Clash au cinéma

A la fin des années 70, confronté à la baisse du nombre de spectateurs, Michel Cavelier accepte de louer sa salle de cinéma à l'un des organisateurs de concerts de rock de la région rouennaise. Un certain Jacques Hupin, qui faute de pouvoir trouver une salle à Rouen, cherche un lieu pour un nouveau groupe anglais bientôt en tournée.
C'est ainsi que le 26 avril 1977 Les Clash firent leur premier concert en France place des Chartreux !

Le Studio 44 temple du disco ...et du rock

Après le concert des Clash en 1977, d'autres concerts de rock eurent lieu dans la salle du cinéma jusqu'en 1979.

Une année où un dimanche de juillet, et comme dans la chanson d'Eddy Mitchell, Michel Cavelier pleura le jour de la dernière séance de son cinéma. Ce jour-là, en plus des 7 spectateurs venus voir le film de Kungfu "Les cinq doigts de la mort" Hervé Duprey, le nouveau propriétaire des lieux, explique à Stéphane Chandelier et à l'auteur de cet article ce qu'il va faire comme travaux dans la salle…

Hervé Duprey, un commerçant rouennais spécialisé dans la HIFI et l'équipement de discothèques en lumière et sonorisation, reprenait le cinéma pour le transformer en le plus grand club disco de Normandie, sur le modèle de qu'il avait vu lors d'un voyage à New-York : le célèbre Studio 54. C'est ainsi qu'après plusieurs mois de chantier le cinéma Le Chartreux devint le Studio 44.

Deux disc-jockeys en combinaison blanche et casques de chantier, sonorisation dernier cri (avec même des enceintes spéciales pour effet tremblement de terre), lightjockey, éclairage sophistiqué avec machine à bulles et l'un des plus puissants lasers de France, musique funk et derniers tubes US, bar géant et balcon en mezzanine : le Studio 44 fut ,en pleine période disco, un énorme succès.

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VIDEO – Souvenirs (en 1991) de concerts avec Jacques Hupin et Alain Merlange, éclairagiste au Studio 44 et à l'Exo 7 de Rouen-Petit-Quevilly

Une scène et des loges ayant été aménagées, le Studio 44, en plus de l'activité discothèque était aussi une salle de concerts où producteurs et tourneurs, parmi lesquels Bernard Maillard et Jacques Hupin, commencèrent dès les premiers mois du Studio à programmer des groupes de renom. Trust, Bashung, The Cure, Cramps, Jo Jackson, Madness, Little Bob, Costello, Dogs, Jam, Toots and the Maytals…

Le légendaire Exo 7, salle aux mille concerts

En 1983, la discothèque ferme. Jacques Hupin reprend l'affaire, réaménage la salle en club rock et accroche une nouvelle enseigne sur la devanture : l'Exo 7.

Les concerts s'enchaînent, plus de 300 entre 1979 et 1991. Métal, reggae, rock : artistes et public plébiscitent cette salle ni trop petite ni trop grande, à l'acoustique parfaite. Les groupes et musiciens locaux  y débutent en faisant les premières parties des têtes d'affiches. Dans les loges, comme une sorte  livre d'or de la salle, les groupes écrivent leur nom sur les murs, en souvenir de leur passage.

Une salle qui disparait

Concurrencé par l'ouverture du Hangar 106 (la salle de musiques actuelles de la métropole rouennaise), l'Exo 7, confronté à des problèmes administratifs et pas soutenu par les élus locaux, est contraint de fermer au printemps 2010.
La ville de Petit-Quevilly décide ensuite de démolir l'Exo7 et d'y construire à la place des logements.

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VIDEO - 28 septembre 2021 : début de la démolition de l'Exo7 de Petit-Quevilly près de Rouen (Images : R. Plumet et Didier Meunier)

Photos avant-après : déplacez la flèche de gauche à droite

Dernière visite de l'Exo 7 

Le 19 août 2021 la salle devenait interdite de toute visite avec le début des travaux de désamiantage.

Le 28 septembre une pelleteuse commençait la démolition du bâtiment en arrachant la devanture et les portes…
Mais avant que l'Exo 7 ne soit complètement rasé, une équipe de la rédaction de France 3 Normandie a effectué une ultime visite de la salle, de la scène et des coulisses.

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VIDEO - 18 août 2021 : dernière visite de l'Exo 7 avant le début des travaux de désamiantage et de démolition

Dans le courant de l'automne, Jacques Hupin a l'intention d'organiser un "happening"  pour ne pas qu'on oublie toutes ces soirées passées à l'Exo 7 et tous les grands noms qui se sont produits ici.  

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