Incendie Lubrizol à Rouen : l'air que nous avons respiré est-il pollué ?

Que contenait l'immense panache de fumée qui s'est répandu sur la région à la suite de l'incendie de l'usine Lubrizol ? 
La noirceur du nuage et les résidus d'hydrocarbures inquiètent les habitants . Si la préfecture est rassurante, les résultats des dernières analyses sont très attendus.

Le panache de fumée de Lubrizol fait 22 km de long et 6 km de large
Le panache de fumée de Lubrizol fait 22 km de long et 6 km de large © Thomas Guibert
L'odeur de combustion nauséabonde est toujours tenace dans la ville, mais la préfecture affirme que le risque de respirer cet air vicié reste faible pour la population. Si les premières analyses du nuage n'ont pas fait état de la présence d'hydrogène sulfuré, certains évoquent l'éventuel présence du mercaptan, un gaz qui se révèle toxique à fortes doses.
Là encore, les autorités se veulent rassurantes.
Il y a bien eu du mercaptan dans l'air à la suite de la combustion ou du chauffage des fûts contenant des produits chimiques, mais à des doses " infinitésimales ".
Les pompiers encore sur place s'évertuent à refroidir ces fûts pour empêcher la production de vapeurs, d'où le mercaptan s'échappe

Les analyses ont également fait état de la présence d'oxyde de souffre et d'oxyde d'azote, non toxiques pour la santé selon la Préfecture qui donnait ce jour une conférence de presse.
On est maintenant en attente de nouvelles analyses, plus poussées, dont les résultats seront rendus publics dans les prochains jours.


Quant aux résidus d'hydrocarbure, le Préfecture donne quelques consignes à respecter :


Consignes de nettoyage en cas de présence de suies 

Tous résidus de combustion et de produits peuvent être irritants.
        

L'usine Lubrizol met en oeuvre des substances cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques, inflammables et corrosives.
Jacky Bonnemains, association Robin des Bois


Jacky Bonnemains, le porte parole de l'association de défense de l'environnement "Robin des Bois" était sur notre antenne aujourd'hui, et nous rappelait que Lubrizol était un site classé Seveso à haut seuil en raison de la présence de multitudes de produits toxiques.
 
"Une grande partie de l'usine a pris feu. Dedans il y a des fûts de pentasulfure, de phosphore, précurseur des armes chimiques. Je ne sais pas si ces fûts ont brûlé !
Il y a aussi d'autres substances comme les sels de zinc, extrèmement toxiques pour les organismes humains et la faune aquatique. Ces sels de zinc sont très persistants et pas biodégradables.
Il y a aussi de l'hydrogène sulfuré et du mercaptan...c'est un cocktail ! "



  

Lubrizol est l'exemple même d'une usine à risque implantée dans un milieu urbain dense


Jacky Bonnemains se demande aussi si Lubrizol a suffisamment sécurisé son site.

Les usines Seveso les plus dangereuses sont soumis à des contrôles, des surveillances et des obligations qui n'ont pas forcément été remplies chez Lubrizol. Ce qui est d'autant plus regrettable que Lubrizol est l'exemple même d'une usine à risques dans un milieu urbain dense.
Jacky Bonnemains, association Robin des bois

Et qu'il faudrait des années pour décontaminer ce site de 14 hectares...
 
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