Vague de chaleur : quelles solutions pour faire baisser la température en ville ?

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Écrit par Olfa Ayed

La chaleur monte ces derniers jours. Les températures ont atteint les 28°C à Caen, Rouen ou encore Alençon. Face à ces températures estivales, quelles mesures sont mises en place par les villes ?

La vague de chaleur, prévue par Météo-France au début du mois de mai, perdure cette semaine. Ce mardi, les températures se sont envolées en Normandie. A Caen, Rouen ou encore Alençon, 28°C ont été enregistrés. Dans ces villes, où la chaleur se fait davantage ressentir, les îlots de chaleur font monter les degrés de l'air et de surface par rapport aux périphéries. En cause : la concentration des bâtiments et la carence en végétaux et en sols perméables capables d’absorber l’énergie solaire. Pour faire baisser la chaleur en ville et rendre les température plus supportables, des solutions sont mises en place. Exemple à Rouen, Caen et Alençon.

Rouen et son projet de renaturer la ville

A Rouen, plus de la moitié du territoire est urbanisé avec un nombre de parcs et de jardins trop faibles. Pour preuve, la capitale normande est en-dessous de la moyenne nationale en terme de mètre carré de verdure par habitant, avec moins de 32 m2 contre 48 m2 en moyenne en France. 

Depuis plusieurs mois, un plan de "renaturation", baptisé "Rouen naturellement" est mis en place par la mairie pour "préserver et renforcer la biodiversité et développer des îlots de fraîcheur", indique la Ville. Son but : atteindre les 30% de territoire végétalisé, contre 17% aujourd'hui, explique Julien Goossens, en charge de cette renaturation à Rouen. Alors, depuis quelques temps les cours d'école sont "débitumées" et végétalisée et des espaces verts sont créés.

Ce mardi 17 mai a été inaugurée à Rouen une "oasis urbaine", c'est-à-dire une présence végétale en ville, ainsi qu'un terrain de pétanque, créés "à la demande des riverains", précise la mairie dans un communiqué. Mais selon Effet de Serre Toi Même, cette "oasis" est le fruit d'un projet - sur lequel l'association avait été associée depuis 2018 après un vote sur internet - amputé d'"un sixième de ce qui avait été prévu." 

D'ici septembre, un autre projet de Canopée urbaine sur l'allée Eugène Delacroix, identifiée comme étant un îlot de chaleur, est prévu. La place Clément va également être renaturée. Les Rouennais et Rouennaises sont consultés à ce sujet via un questionnaire en ligne jusqu'au 29 mai 2022.

Alençon teste les éco pavés

A Alençon, dans l'Orne, la lutte contre les îlots de chaleur est lancée. Une expérimentation, démarrée en septembre 2020 est en cours : celle des éco pavés.

Ces éco pavés sont fabriqués à base de coquillages broyés mis au point par les chercheurs de l’ESITC Caen"Le matériau constitué est ultradrainant, il contient entre 20 et 25 % de vide, l'eau peut s'écouler dedans, encore plus vite que dans du sable, explique Mohamed Boutouil, directeur de recherche à Estic. S'en suit un phénomène d'évaporation de l'eau qui rafraîchit, en vulgarisant, un peu comme un brumisateur grâce à des minifontaines". 

Ce projet Fresh-Ecopavers s'inscrit dans l’économie circulaire puisqu’"il répond à une demande locale de recyclage des coquillages disponibles en grandes quantités sur le littoral normand."

Caen mise sur la débitumisation

D'après l'Observatoire des villes vertes 2020 en France, Caen est en bonne place dans le classement des villes françaises les plus vertes. Elle figure au huitième rang. La ville dispose de plus de 500 hectares d’espaces verts, soit environ 20% de sa superficie, auxquels viennent s’ajouter, hors de l’agglomération, la forêt de Grimbosq (475 hectares) et le parc de Croisilles (116 hectares).

Toutefois, Caen, comme Rouen, reste en dessous de la moyenne nationale en terme d'espaces verts par habitant avec 47,6 m2 de verdure disponible. Ainsi, pour faire face aux effets du changement climatique et pour lutter contre la chaleur, la ville mène une campagne de "débitumisation". Plus de 4 hectares seront débitumés puis végétalisés dans l’espace public entre 2021 et 2023, indique la mairie pour "contribuer à la création d’îlot capable de jouer un rôle de régulateur lors de pic de chaleur."