Pour le ministre de l'Agriculture en visite à Yvetot : “interdire l'épandage à 150m des habitations, ça n'a aucun sens”

Didier Guillaume en visite au lycée agricole d'Yvetot / © France 3 Normandie
Didier Guillaume en visite au lycée agricole d'Yvetot / © France 3 Normandie

5 ou 10 mètres. C'est la distance entre zones d'épandage et habitations que prévoit le décret gouvernemental proposé ce lundi 9 septembre 2019 à la consultation. Jeudi dernier, en visite au lycée agricole d'Yvetot, le ministre de l'agriculture avait été très clair : "100 ou 150m, ça n'a aucun sens."

Par Marie du Mesnil-Adelée

Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, ne pouvait pas être plus clair. Interrogé par notre équipe sur la distance à instaurer entre les zones d'épandage de produits phytosanitaires et les habitations, il avait énoncé sa position dès jeudi 5 septembre 2019, en exclusivité, lors de sa visite au lycée agricole d'Yvetot :


Une grande enquête publique est mise en place pour savoir quelles pourraient être les zones de non-traitement. 100 mètres ou 150 mètres, ça n'a aucun sens. Ce serait une énorme artificialisation des terres agricoles dans notre pays. Par contre, il faut tenir compte des riverains, des écoles, des maisons de retraite etc.

 
Le ministre de l'agriculture à Yvetot

De fait, le projet de décret du gouvernement, soumis à consultation dès ce lundi, propose de fixer à 5 ou 10 mètres selon le type de culture cette distance minimale. 5 mètres pour les cultures dites basses comme les légumes et 10 mètres pour les cultures hautes, telles que les céréales.

Cette consultation va durer 3 semaines. Et le gouvernement devrait trancher en octobre-novembre.

Il faut que ça aille vite, à marche forcée, cette enquête publique et la mise en place de travail de chartes de riverains sous l'autorité des préfets, avec le monde agricole, avec l'association des maires du département, avec les associations locales, etc. pour faire du cousu main. Sans cela, au 1er janvier, il y aura ce que l'on appelle des zones de traitement qui seront mises en place et en deça desquelles en fonction des endroits, on ne pourra pas traiter, nous avait confié le ministre lors de sa visite.

Ces règles concernant l'élaboration de chartes et de distances minimales à respecter pour l'épandage des pesticides vont figurer dans des textes qui entreront en application au 1er janvier 2020.

En France et dans notre région, des maires de tous bords politiques ont multiplié récemment des arrêtés anti-pesticides après la suspension très médiatisée de celui du maire de Langouët en Bretagne, Daniel Cueff. Comme lui, le maire de Val-de-Reuil dans l'Eure, ou celui d'Epron, près de Caen, ont publié un arrêté interdisant l'utilisation des pesticides à 150 mètres des habitations. Depuis, le maire breton a vu son texte suspendu par le tribunal administratif de Rennes.
 
 

Et le ministre de conclure : Dans la plupart des cas et notamment en Seine-Maritime, ce ne sont pas les champs qui sont allés dans les villages, ce sont les villages qui sont allés dans les champs en construisant des lotissements, en construisant des maisons. Il y avait sûrement de bonnes raisons, évidemment, pour avoir l'accès au logement mais c'est ça la réalité.


Les réactions des écologistes à la proposition du gouvernement ne se sont pas faites attendre. Notamment celle du Normand David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts :
 

 

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