Politique Agricole Commune (PAC) : François Hollande veut donner la priorité à l'élevage

Publié le Mis à jour le
Écrit par Pascal Coussy .

A Cournon-d'Auvergne le Président a dévoilé les orientations de la France dans l'application de la nouvelle PAC entre 2014 et 2020.
Priorité sera donnée à l'élevage.
Une bonne nouvelle pour le Limousin où le revenu de nombreux éleveurs dépend quasi exclusivement des aides de la PAC.

L'intervention de François Hollande était très attendue en Limousin où la grande majorité de l'agriculture est liée à l'élevage bovin, un secteur confronté à une crise profonde et qui bénéficie des revenus les plus faibles de toutes les professions agricoles.

La priorité clairement affirmée en faveur de l'élevage jusqu'en 2020 est donc une bonne nouvelle pour le monde rural de la région qui a reçu près de deux milliards d'euros de subventions de la PAC depuis 2007 et où le revenu, voir la survie des exploitations agricoles est souvent suspendu à ces subventions .



"près d'un milliard d'euros seront réorientés chaque année vers l'élevage." ... "Pour un éleveur du Massif central, à terme, cela représentera une augmentation de 30% en moyenne en fin de période. Cela ne suffira pas pour beaucoup mais quand même, être capable de pouvoir enfin répartir différemment les aides, d'augmenter sûrement le revenu des éleveurs, c'est un choix que j'assume et qui aura de grandes conséquences pour nos territoires".



A Cournon d'Auvergne, François Hollande a également annoncé une "convergence progressive des aides" à partir de 2015 pour diminuer les disparités entre agriculteurs en mettant fin aux "références historiques". Cette convergence devrait atteindre 70% en 2019. Concrètement, cela veut dire que chaque agriculteur devra toucher au moins 70% de la moyenne nationale des aides par hectare ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.



Pour soutenir les petites et moyennes exploitations, le Président de la République a également décidé de "surdoter les 52 premiers hectares des exploitations", une mesure à laquelle la FNSEA s'était opposée.



La part des aides "couplées", c'est à dire liées à une production spécifique va passer de 10% à 13% des aides du premier pilier (aides directes).



Une prime à l'engraissement va être crée et toutes les primes existantes comme la prime à la vache allaitante ou la prime ovine seront maintenues.



Les Indemnités Compensatoires de Handicap Naturel (ICHN) destinées à encourager le pâturage dans les régions comme le Limousin seront revalorisées de 15%.



L'enveloppe consacrée à l'installation des jeunes agriculteurs sera rallongée de 100 millions d'euros par an.



Les budgets consacrés aux mesures agro-environementales et à l'agriculture biologique seront multipliés par deux.



Avec 380 millions d'euros jusqu'en 2020 le budget pluri-annuel de la PAC est le deuxième poste de dépenses de l'Union Européenne après la Politique de Cohésion (aides régionales).

Il a été adopté il y a quelques jours à l'issue d'une longue négociation entre la Commission Européenne, les gouvernements de l'Union Européenne et, pour le première fois, le Parlement Européen élu par les citoyens européens.

Un grande latitude a été donnée aux différents états pour fixer les priorités de la répartition des aides dans chaque pays. Ce sont ces priorités que François Hollande vient d'annoncer.



 

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