Prise en charge des fibromes utérins

Service IRM du CHU de Bordeaux / © France 3 Aquitaine
Service IRM du CHU de Bordeaux / © France 3 Aquitaine

Le fibrome est une tumeur bénigne constituée par la prolifération du muscle utérin sous la forme d’un ou plusieurs nodules le déformant. En France, on estime que 627000 femmes entre 20 et 49 ans sont porteuses de fibromes. Regardez notre reportage suivi de l'interview d'un spécialiste.

Par Christophe Roux

Invité plateau : Pr Jean-Luc BRUN, PU/PH service obstétrique, reproduction, gynécologie, centre Aliénor d’Aquitaine, groupe hospitalier Pellegrin - CHU de Bordeaux
Date de diffusion : Lundi 7 avril 2014 à 12H
Dossier Santé Aquitaine : fibromes utérins

Le fibrome ou myome utérin est une tumeur bénigne constituée par la prolifération du muscle utérin sous la forme d’un ou plusieurs nodules le déformant. En France, on estime que 627000 femmes âgées de 20 à 49 ans sont porteuses de myomes symptomatiques. Ces myomes sont associés à des règles abondantes (première cause de consultation entre 40 et 50 ans), à des douleurs pelviennes et sont la première cause d’hystérectomie (ablation de l’utérus) en France. Ils sont également impliqués dans les troubles de la fertilité et de la fécondité.

De nombreuses évolutions diagnostiques, médicamenteuses et techniques sont survenues au cours des dix dernières années et l’expérience clinique permet de préciser la place de chaque option avec un recul variable.

Derrière le mot « fibrome » se cachent de multiples entités selon la taille, le nombre (unique ou multiple), selon la situation dans le muscle (sous-séreux à développement intra-abdominal, intra-mural dans l’épaisseur du muscle ou sous-muqueux se développant dans la cavité utérine), selon la forme (avec ou sans pédicule).

Le diagnostic des formes évoluées peut se faire par l’examen clinique (toucher vaginal), mais l’échographie pelvienne couplée au doppler par voie abdominale et vaginale est l’examen d’imagerie de première intention. Avant traitement, une IRM est parfois réalisée pour mieux visualiser la position et le volume des myomes.

Les modalités de traitement sont nombreuses, fonction des signes cliniques et du désir ou non de conserver l’utérus en vue d’une grossesse.

Seuls les myomes responsables de signes cliniques doivent être traités. Les autres, asymptomatiques, peuvent être surveillés.
Aucun traitement médical ne peut faire disparaitre les myomes. Les médicaments ne traitent que les symptômes associés aux myomes et sont souvent le traitement de première intention : stérilet à la progestérone pour les saignements, anti inflammatoires pour les douleurs. Les analogues du Gn-RH et les anti-progestérones sont plus puissants et bloquent les règles tout en faisant régresser la taille des myomes, mais le traitement est limité à 3 mois.
En cas d’échec du traitement médical, il faut recourir à une intervention par chirurgie ou sous imagerie.

Chez les femmes souhaitant une grossesse, la myomectomie consiste en l’ablation du ou des myome(s) sans enlever l’utérus. Seuls les gros myomes responsables de douleurs ou de pesanteurs et les myomes situés dans la cavité utérine pouvant gêner le développement de l’œuf doivent être opérés. La chirurgie minimalement invasive par hystéroscopie (voie vaginale) ou cœlioscopie (sans ouvrir le ventre) est indiquée pour les myomes de taille modeste et uniques.

Chez les femmes ne souhaitant pas de grossesse, l’embolisation des artères utérines est un traitement validé pour traiter les fibromes intra-muraux non pédiculés. Il s’agit d’une alternative efficace et bien tolérée à la myomectomie et à l’hystérectomie par voie abdominale. L’hystérectomie reste largement pratiquée car elle permet de guérir les femmes des douleurs et des saignements dans tous les cas. Les chirurgiens s’appliquent à privilégier les voies cœlioscopiques et vaginales pour améliorer les suites opératoires et permettre une sortie précoce de l’hôpital.

Le plateau technique du CHU de Bordeaux est doté de toutes les structures permettant une prise en charge optimale des patientes sur les 2 groupes hospitaliers de la ville :
  • imagerie diagnostique par échographie-doppler et IRM réalisée à l’hôpital Pellegrin ou à l’hôpital Saint-André ;
  • imagerie interventionnelle (embolisation, myolyse par ultrasons focalisés) pratiquée à l’hôpital Saint- André ;
  • chirurgie des fibromes conservant ou non l’utérus, en privilégiant la voie endoscopique et l’assistance robotique dans les cas difficiles réalisée à l’hôpital Pellegrin ;
  • prise en charge des troubles de la fertilité et suivi des grossesses à risque sur le site Pellegrin.
Environ 340 procédures sont réalisées chaque année au CHU de Bordeaux : 80 myomectomies,  environ 100 embolisations, 60 ultrasons focalisés et 100 hystérectomies.
La proximité des différents acteurs de soins sur ce plateau unique a permis de créer une consultation multidisciplinaire orientée sur la prise en charge des myomes utérins. Le gynécologue est en général le premier à être consulté car il a une vue transversale sur les différentes modalités de la prise en charge.
L’association de patientes Fibrome Info France a accueilli favorablement la création de ce type de consultation en France afin de limiter les parcours de soins souvent erratiques rapportés par les patientes. En effet, depuis 2012, l’association collige les demandes et confidences des femmes qui concernent surtout l’information sur la maladie et les traitements, l’orientation vers des spécialistes et le retentissement des fibromes sur la vie intime, personnelle et sociale.

Source : Pr Jean-Luc Brun PU/PH 
Pôle obstétrique, reproduction, gynécologie
Centre Aliénor d’Aquitaine,
Groupe hospitalier Pellegrin, CHU de Bordeau
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