Plusieurs députés PS de la région signent le texte réclamant un nouveau "contrat de majorité"

Au moins 90 députés PS ont signé la tribune réclamant une meilleure écoute du gouvernement après la débâcle des municipales. Parmi eux, six députés de la région: Geneviève Gaillard (79), Marie-Line Reynaud, Jérôme Lambert (16), Catherine Coutelle, Jean-Michel Clément (86) et Suzanne Tallard (17)

Genviève Gaillard, députée des Deux-Sèvres, Maryline Reynaud et Jérôme Lambert, députés de Charente
Genviève Gaillard, députée des Deux-Sèvres, Maryline Reynaud et Jérôme Lambert, députés de Charente © FTV
Geneviève Gaillard, Marie-Line Reynaud, Jérôme Lambert, Suzanne Tallard, Catherine Coutelle et Jean-Michel Clément, six députés socialistes de la région, viennent-ils d'entrer en résistance ? Ils font partie du groupe de près de 90 parlementaires et responsables socialistes qui ont signé un texte appellant à un nouveau "contrat de majorité" avec le gouvernement de Manuel Valls. 

Marie-Line Reynaud, députée PS de la 2ème circonscription de Charente explique qu'après "deux ans de gouvernement Ayrault et deux ans de présidence de François Hollande, on avait envie de leur dire que l'on était mécontent de la façon dont les choses se passaient à l'Assemblée!" Elle relève notamment une absence "de concertation", des députés qui "n'étaient plus écoutés". Pour elle, le texte "n'est pas très virulent", mais il est là pour "rappeler certaines choses". Notamment les raisons derrière la défaite aux élections municipales: "Les gens ne se reconnaissent plus dans ce qui a été fait". Elle estime qu'il faut en premier "enrayer la politique d'austérité" actuelle.

La question du vote de confiance au gouvernement

Jérôme Lambert estime faire "partie (depuis longtemps) des députés socialistes qui ont tiré la sonnette!" Son adhésion au texte s'inscrit dans une démarche entamée depuis plusieurs mois maintenant. Le député PS de la 3ème circonscription de Charente a quitté le groupe socialiste à l'Assemblée nationale en mars dernier pour rejoindre celui du parti radical républicain démocrate progressiste (RRDP). "J'ai retrouvé dans le texte la substantifique moelle de ce que j'avais écrit dans ma lettre à Harlem Désir (lorsque j'ai quitté le groupe PS à l'Assemblée)." Notamment sur la place du Parlement. "Il faut que le Parlement soit respecté," insiste-t-il. "Quand on explique la manière dont nos concitoyens ressentent les choses, la manière dont ils les vivent et qu'on nous répond, 'il faut leur expliquer', ça ne peut pas fonctionner." Jérôme Lambert est toujours encarté au PS, mais il ne vote plus automatiquement les textes. Il apporte sa voix au cas par cas.

Pour Jérôme Lambert, le véritable vote de confiance sera le 25 mai, le jour des élections européennes.


A la veille du discours de politique générale de Manuel Valls à l'Assemblée nationale, mardi 8 avril, il estime ne pas "vouloir ajouter de crise institutionnelle" à la crise actuelle, après la débâcle socialiste aux municipales. Le député de Charente devrait donc voter la confiance, même s'il affirme "être à deux doigts de s'abstenir". Il explique sa position: "Je peux voter la confiance, tout en votant ensuite oui ou non, texte par texte." Le vote de confiance de demain n'est pour lui qu'une première étape. Le véritable vote de confiance, affirme-t-il, ce sera le 25 mai, le jour des élections européennes. "Après deux mois d'exercice (du gouvernement Valls), ce sont les électeurs qui auront le véritable vote de confiance entre les mains. S'il y a rejet des électeurs, on aura un vrai problème."

Le Premier ministre "prend la démarche très au sérieux"

Partout en France, la fronde de ces députés se fait entendre. Le député PS Jean-Marc Germain, proche de Martine Aubry, a assuré que le "contrat de confiance" n'était  pas une motion de défiance vis-à-vis du Premier ministre. "Je m'entends très bien avec Manuel Valls", "j'ai eu des contacts avec lui et il prend notre démarche très au sérieux", a expliqué au quotidien L'Opinion lundi l'élu des Hauts-de-Seine à propos de l'initiative des signataires réclamant ce "contrat de majorité".

Ceux-ci représentent différentes sensibilités du PS, des aubrystes à la gauche du parti.

"Ce n'est pas, contrairement à ce que certains veulent faire croire, une motion de défiance", assure M. Germain. "Mais l'absolue nécessité, après le scrutin municipal, que nous, parlementaires, prenions nos responsabilités. L'époque où, même en désaccord, on était amenés, par solidarité ou discipline, à voter les textes, est révolue".

Ce n'est pas, contrairement à ce que certains veulent faire croire, une motion de défiance", assure Jean-Marc Germain (PS).


"Manuel Valls a parfaitement compris que ça n'était pas une fronde, on n'est pas les révoltés du Bounty", a renchéri sur RMC son collègue Christian Paul,
qui faisait partie, comme Jean-Marc Germain, d'une délégation de parlementaires reçus dimanche par le Premier ministre. "Ca n'était pas un marchandage façon IVe République, on n'est pas allé négocier, mais on n'est pas allé non plus menacer. Ce qui était important, c'était d'exercer un devoir d'alerte", a expliqué le député PS de la Nièvre.

"De quoi avons-nous besoin? D'une majorité qui soit réunie. Simplement, la confiance, ça se mérite, ça se construit, donc sa réponse vient demain (lors du discours de politique générale) et la nôtre aussi", a-t-il prévenu.

De son côté, Jean-Marc Germain résume d'une formule le nouveau cap souhaité: "social-écologie", expliquant notamment la nécessité d'un "autre chemin européen, en cessant de vouloir revenir à l'équilibre à marche forcée".

"On entre dans une nouvelle étape du quinquennat", assure le député. 

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