Epinglé par la Chambre régionale des comptes, le conseil régional de Poitou-Charentes se défend

Le soutien apporté par la région Poitou-Charentes à une entreprise de voitures électriques liquidée en 2012 a été critiqué dans un rapport de la Chambre régionale des comptes. Le président du conseil régional s'est défendu, selon lui "les collectivités locales doivent prendre des risques".

Ségolène royal en 2009 lorsqu'elle défendait sur notre antenne les voitures SimplyCity en Poitou-Charentes.
Ségolène royal en 2009 lorsqu'elle défendait sur notre antenne les voitures SimplyCity en Poitou-Charentes. © maxppp
Ségolène Royal, présidente PS du conseil régional de Poitou-Charentes de 2004 à avril 2014, avant d'entrer au gouvernement, avait en novembre 2009 à Chauvigny (Vienne) lancé la production des voitures SimplyCity, développées par la société Eco & Mobilité, se targuant qu'il s'agissait là "d'une première en Europe, la production du premier véhicule électrique de nouvelle génération, c'est-à-dire un véhicule à bas coût, grand public, disposant de batteries rechargeables chez soi".

Lancé en 2008, ce projet visait à construire un véhicule électrique écologiquement conçu et fabriqué entièrement en Poitou-Charentes. Finalement, quelque 1.000 exemplaires ont été essentiellement achetés par des collectivités locales avant que la société ne soit liquidée en mai 2012.

Vendredi, la Chambre régionale des comptes (CRC) a notamment épinglé dans son rapport le "soutien important et inconditionnel" de la région dans ce projet éphémère. 
"Important oui, mais inconditionnel non", a estimé auprès de l'AFP Jean-François Macaire, le successeur socialiste de Ségolène Royal à la tête de la région, qui estime à 7 millions d'euros "le concours de la région et l'apport à la société de capital-risque".

"Tout ce qui a été acté a été fait. Il n'y a pas eu d'argent de gaspillé", a-t-il poursuivi. "Le modèle de lancement d'un véhicule innovant, c'est de perdre de l'argent et la CRC ne rentre pas dans ces détails. On ne peut pas nous dire que la société perdait de l'argent et qu'il ne fallait pas l'aider", a-t-il expliqué. "Le rôle des collectivités locales est aussi de soutenir des filières locales et de prendre des risques comme ceux que rencontre toute entreprise innovante. Nous avons accepté ces risques et les assumons", a-t-il dit, jugeant que la société n'était "pas si loin que ça de réussir".

Selon celui qui était alors vice-président de la région, la suspension d'une aide de 6.000 euros par voiture décidée par le gouvernement Fillon "quelque temps après le lancement du projet a pénalisé la société" Eco & Mobilité: "Chaque fois que l'on supprime une aide publique dans un modèle économique basé dessus cela entraîne forcément des difficultés", a-t-il dit.
Avec cette aide, le véhicule, vendu 11.000 euros, revenait finalement à 5.000 euros au constructeur.

Cependant, Jean-François Macaire considère qu'avec "deux constructeurs de bornes électriques de recharge et deux constructeurs de voitures électriques", JDM et Noon Electric, sans compter le cas de Mia Electric qui doit être tranché mercredi par le tribunal de commerce de Niort avec quatre repreneurs potentiels, "la filière existe dans la région". "Nous avons perdu le premier étage de la fusée, mais la
fusée a décollé quand même"
, a-t-il affirmé.

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