Girondins de Bordeaux : la révélation Thomas Touré

Bourreau de Rennes (2-1) dimanche dernier, Thomas Touré, 20 ans, cinquième attaquant dans la hiérarchie bordelaise en début de saison, a changé de dimension médiatique en l'espace de trois jours, entre "buzz" et chefs-d'oeuvre.

Le Girondin Thomas Touré lors du match Bordeaux-Rennes le 28 septembre 2014
Le Girondin Thomas Touré lors du match Bordeaux-Rennes le 28 septembre 2014 © PHOTOPQR/OUEST FRANCE
Nul doute qu'il se souviendra longtemps de cette fin septembre où tout s'est accéléré pour lui. De cette première titularisation en L1 dans le "Chaudron" stéphanois il y a une semaine où une chute malheureuse en début de 2e mi-temps dévoila à la télévision, puis dans la foulée sur les réseaux sociaux, la partie la plus intime de son anatomie.
"J'ai regardé direct mon portable parce que dès les couloirs des vestiaires, on m'a dit +va sur Twitter, il y a quelque chose de sympa à regarder+", confiait-il un peu gêné, chambré par ses coéquipiers. 

Trois jours plus tard, après avoir participé activement à l'ouverture du score par l'international tunisien Wahbi Khazri face à Rennes, il ajustait un bijou de
frappe sans contrôle excentrée enroulée dans la lucarne opposée de Benoît Costil, "youtubisé" également, donnant à la 93e minute une victoire très flatteuse à ses couleurs.
Pas d'euphorie chez lui quand il fut contraint, à nouveau, de commenter cette fois son premier but en L1. "C'est le genre de but que tout joueur de foot aime marquer, je n'en connais pas un qui n'aimerait pas le marquer", lâcha-t-il simplement.

Avec en guise de clin d'oeil à ses deux quarts d'heure de célébrité: "C'est bien de se dépuceler aujourd'hui, on va dire ça comme ça".

L'encadrement croit en lui

Ce but, que n'aurait pas renié son homonyme et ancien de la maison girondine (1986-1988) José Touré, n'a rien de surprenant pour Marius Trésor, l'ancien libéro des Bleus, en charge avec Patrick Battiston de l'équipe réserve des Girondins, le quotidien de Thomas ces trois dernières années.

"Thomas est un garçon volontaire, un peu individualiste mais qui est capable d'apporter énormément à son équipe, explique-t-il. En U19, on voyait qu'il était au-dessus des autres, il pensait tout faire valser vu son potentiel physique. On a essayé de faire en sorte qu'il soit un peu plus collectif".

Avant les "buzz" stéphanois et rennais, Marius Trésor avait assisté lui aussi il y a tout juste un an à la naissance médiatique de ce joueur originaire de Grasse (Alpes-Maritimes). "C'était contre Viry-Châtillon, en CFA, une reprise de volée, la même que celle de Marco van Basten en finale de l'Euro 1988", raconte-t-il, à voir et revoir sur internet. "Thomas tente des choses, il ose car il a confiance en lui".

Depuis trois mois, il a aussi acquis celle de Willy Sagnol, son nouvel entraîneur qu'il a séduit lors de la préparation avec deux buts inscrits et qui lui a donné sa chance comme il l'avait promis à son arrivée à la jeune garde bordelaise.
"S'il est là, ce n'est pas un miracle, c'est parce qu'il l'a mérité, explique Sagnol. Thomas est un joueur difficile à saisir car il ne pense pas comme les autres. Sur des petites choses, il va se poser 3.000 questions. Sur d'autres, il ne s'en pose pas, comme sur sa frappe contre Rennes. Parfois l'adversaire ne sait pas trop où il est, nous non plus (rires), il nous surprend aussi. Il a un talent certain mais il faut dégrossir le mammouth".

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