Les enseignants en grève pour leurs conditions de travail

La mobilisation pourrait osciller entre 10%, selon les "intentions de participation" parmi les enseignants du premier degré recensées par le ministère de l'Education nationale, et 22,2%, d'après les remontées signalées par le SNUIpp-FSU, syndicat majoritaire dans le secteur.

A l'initiative du syndicat FSU, les enseignants sont invités à se mettre en grève, mardi.
A l'initiative du syndicat FSU, les enseignants sont invités à se mettre en grève, mardi. © Maxppp
Les enseignants sont appelés à manifester mardi dans plusieurs villes lors d'une grève à l'appel de la FSU, première fédération de l'éducation, pour réclamer de meilleures conditions de travail, défendre la formation et la revalorisation des salaires.

Le taux de grévistes devrait osciller entre 10%, selon les "intentions de participation" parmi les enseignants du premier degré recensées par le ministère de l'Education nationale, et 22,2%, d'après les remontées signalées par le SNUIpp-FSU, syndicat majoritaire dans le secteur.
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Education : grève à l'appel de la FSU
La situation, dans la Vienne, avec l'invitée du midi pile, lundi 02 février - prévisions journée du mardi 3 : Magali Espinasse, co-secrétaire académique du Snes-FSU.
Interview de Magali Espinasse, co-secrétaire du Snes-FSU de la Vienne, JT Midi Pile 02 février 2015

Mobilisations disparates

Mais ces chiffres cachent des mobilisations disparates. Ainsi, dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, le nombre de grévistes dépasserait à peine les 7%, selon les premières données du rectorat de Strasbourg.

A Paris, une manifestation francilienne partira à 14h00 des jardins du Luxembourg vers le ministère de l'Education nationale. D'autres défilés sont prévus notamment à Lyon, où la FSU relève que "les dotations de postes sont contrecarrées par une hausse démographique sans précédent depuis quelques années", ou à Marseille.

Lancée par la FSU, la mobilisation n'a pas été relayée par les autres centrales syndicales au niveau national.

"C'est un premier coup de semonce", relativise la FSU, qui dénonce en France des "classes parmi les plus chargées" parmi les écoles européennes, une "faible rémunération des enseignants et la déshérence de sa formation continue". 

"Il y a urgence à apporter des améliorations", martèle le syndicat.

Cette grève intervient deux mois après des mobilisations contre des sorties de collèges de l'éducation prioritaire et alors que les rectorats dévoilent en ce début d'année les moyens (classes pour le primaire, nombre d'heures de cours pour le secondaire) attribués aux établissements pour la rentrée 2015, explique Bernadette Groison, secrétaire général de la FSU.

Journée test

Mais elle intervient aussi près d'un mois après les attentats parisiens, et les incidents survenus dans plusieurs établissements au cours de la minute de silence en hommage aux victimes. 

La mobilisation a été décidée en janvier "avant les attentats", souligne Bernadette Groison. "C'est une grève difficile, on ne va pas le cacher, personne ne pouvait se douter qu'on commencerait l'année aussi douloureusement."

"On a le sentiment qu'aujourd'hui, on n'avance pas assez vite sur les décisions à prendre pour le système éducatif, que le souffle avec la refondation de l'école est en train de tomber. On ne sait pas sur un certain nombre de mesures où on va", explique-t-elle.

Sur le terrain, "beaucoup de personnels ne voient pas au quotidien les mesures concrètes". Si les 60.000 postes promis sur le quinquennat "ont été en partie créés, ils sont absorbés en grande partie par la formation" initiale des enseignants et par "la hausse démographique" des élèves, pointe la dirigeante syndicale.

Elle critique par ailleurs une grande disparité dans les enseignements dispensés dans les Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (Espé) qui ont ouvert à la rentrée 2013, à raison d'une par académie.

La grève constitue "une journée test assez classique", qui permet de voir s'il y a une possibilité de mobilisation plus large, estime Laurent Frajerman, chercheur à l'institut de recherches de la FSU et au Centre d'histoire sociale de Paris I. Depuis l'élection de François Hollande, il y a eu une déception chez les enseignants, qui votent plutôt à gauche, et elle peut se cristalliser dans l'action comme dans un attentisme, fait valoir l'auteur de "La grève enseignante".

La FSU revient à "l'appel régulier à la grève, sans concertation, sans objectifs et sans espoir", critique de son côté le Sgen-CFDT, soulignant que "faire grève est un sacrifice pour les salariés qui y perdent une journée de salaire".
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