Accord CETA entre l'Europe et le Canada : quelles conséquences pour le Limousin

La signature le 30 octobre dernier du CETA, un accord commercial destiné à lever les obstacles au commerce entre l'Europe et le Canada, aura des conséquences pour le Limousin.
S'il réjouit certains industriels, il inquiète les éleveurs bovins.

Les conséquences du CETA et Limousin. Reportage : Pascal Coussy, Jean-Marie Arnal, Antonio Dos Santos. Intervenants : Janick Belin : président de Valade-Léon Blanc, Pierre Chevalier : président du Centre d'Information des Viandes, Jean-Paul Denanot : député européen socialiste
Comme tous les accords européens, le CETA va faire des heureux et des malheureux.

Aujourd'hui, le Canada ne représente que 0,39% des exportations et 0,25 % des importattions du Limousin. Mais cela pourrait très vite changer.

Du côté des gagnants qui espèrent exporter plus on trouve des industriels et une partie du secteur agro alimentaire.

C'est le cas, par exemple, des confitures Valade à Lubersac en Corrèze.
Cette société plus que centenaire réalise le quart de son chiffre d'affaires à l'étranger, et le canada est l'un de ses objectifs prioritaires.
 
Avec la fin des barrières douanières entre l'Europe et le Canada, Valade compte bien exporter plus de produits et concurencer les Etats-Unis.

Le CETA prévoit d'autoriser le Canada à exporter 65 000 tonnes de viande bovine par an vers l'Europe.
C'est à peu de choses près ce que produisent les éléveurs Limousins chaque année


Du côté des perdants, les éleveurs bovins sont les plus inquiets.
Ils sont  7 500 en Limousin. Ils sont déjà parmi les professions agricoles les plus mal payées.

Avec des "feed lots", des fermes regroupant plus de 100 000 têtes de bétail,  et l'utilisation d'activateurs de croissance, les élevages canadiens sont bien loin du modèle Limousin.

Le CETA prévoit en théorie que les exportations de viande canadienne devront respecter les normes sanitaires d'élevage en vigueur dans l'Union Européenne.

Mais pour Pierre Chevalier, ancien président de la Fédération Nationale Bovine et ancien lobyiste agricole à Bruxelles, le Canada n'a jamais produit de viande selon nos normes qualitatives et sanitaires.

Il est peu probable que ce pays révolutionne ses méthodes d'élevage uniquement pour satisfaire le marché européen, sachant que les contrôles à l'exportation se feront de toutes façons sur le sol et sous contrôle canadien.

Pour le député européen Jean-Paul Denanot, avec les éleveurs, ce sont aussi les territoires ruraux eux-mêmes qui pouraient à terme être menacés en Limousin.

Il regrette aussi l'opacité du texte de l'accord qui ne fait pas moins de 2300 pages et qui n'a été présenté aux parlementaires nationaux e européens qu'une fois entièrement négocié.

Pour entrer en vigueur définitivement, le CETA va maintenant devoir être ratifié par chacun des parlements nationaux des pays de l'Union Européenne.
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