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Cancer du col de l'utérus : l'enquête sur le vaccin Gardasil est classée sans suite

Le Gardasil se présente comme le premier vaccin contre le cancer du col de l'utérus / © FLORENCE DURAND / SIPA
Le Gardasil se présente comme le premier vaccin contre le cancer du col de l'utérus / © FLORENCE DURAND / SIPA

L'enquête sur le Gardasil a été classée sans suite, le parquet de Paris considérant qu'il n'y a pas de lien direct entre ce vaccin et des pathologies du système nerveux dénoncées par des patientes.

Par DV et AFP

Notre combat n'est pas terminé

a réagi l'avocat de 34 plaignantes, Jean-Christophe Coubris.
Il déposera une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation de juges d'instruction.
Ce vaccin contre le cancer du col de l'utérus, commercialisé par le groupe franco-américain Sanofi Pasteur MSD, avait été l'objet d'une première plainte au pénal fin 2013.
Cinquante femmes s'étaient jointes à la procédure.
"Aucune pathologie n'a été reconnue comme étant en lien de causalité directe avec ce vaccin", a expliqué mercredi une source judiciaire. Le parquet de Paris, qui avait confié les investigations aux gendarmes spécialisés dans les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp), a classé l'enquête le 26 octobre.
L'analyse du parquet fait écho à celle de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Elle avait assuré en septembre que les vaccins contre les infections à papillomavirus (HPV), elles-mêmes principales causes des cancers, n'entraînaient "pas d'augmentation du risque global de survenue de maladies auto-immunes".
L'ANSM avait mené une étude avec l'Assurance maladie sur plus de 2 millions d'adolescentes.
Le vaccin a été mis en cause notamment dans la survenue de scléroses en plaquesde lupus, d'encéphalomyélites aigües disséminées (inflammations du système nerveux central) et de myofasciites à macrophages (une maladie qui se traduit par des douleurs musculaires et une fatigue chronique).

Vaccination recommandée 

Forcément, c'est une déception importante, mais ce n'est pas une surprise. Ce combat est difficile

a déclaré Me Coubris. "Je regrette que le procureur n'ait pas jugé nécessaire d'ordonner des expertises sur chacune des plaignantes et ne se soit basé que sur des études publiées, notamment la dernière" de l'ANSM, a-t-il ajouté.

L'une des premières plaignantes qui était sortie de l'ombre, une jeune landaise, Marie-Océane, avait décrit un calvaire après la prise du vaccin: de puissants vertiges, des symptômes proches de la sclérose en plaques, jusqu'à une attaque qui l'avait laissée sur un fauteuil roulant. Son état s'était ensuite stabilisé.
 / © France 3 Aquitaine
/ © France 3 Aquitaine

La plainte s'adossait à une double expertise demandée par la Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux d'Aquitaine, qui retenait une imputabilité de la pathologie à la vaccination, mais estimait également qu'une éventuelle vulnérabilité génétique avait pu jouer.
Mais après l'étude menée avec l'Assurance maladie, l'ANSM estimait en septembre que "les bénéfices attendus de cette vaccination en termes de santé publique rest(ai)ent bien plus importants que les risques auxquels elle peut exposer les jeunes filles".
Elle notait une augmentation du risque de syndrome de Guillain-Barré, mais dans des proportions limitées, 1 à 2 cas pour 100.000 filles vaccinées, ne remettant pas en cause la balance bénéfice-risque.
En France, la vaccination est recommandée par le Haut Conseil de la santé publique chez les jeunes filles entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu'à 19 ans.
Le cancer du col de l'utérus est le onzième cancer en termes d'incidence chez la femme en France. Près de 3.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année dans le pays et le nombre de décès liés à ce cancer est de 1.000 par an.

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Emilie Beau

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