Carnet de bord : "Solitaire/Solidaire" poursuit sa traversée vers l'Île d'Aix

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Écrit par Bernard Dussol

Suite de l'aventure pour le skipper de la Route du Rhum Christophe Souchaud, qui a quitté La Corogne, en Espagne, avec un équipage de marins handicapés à destination de l'Île d'Aix. Notre journaliste Yann Salaün est à bord de "Solitaire/Solidaire". Voici son carnet de bord.

Mardi 12 mai, 9h, quelque part au milieu du Golfe de Gascogne

Première nuit à bord du Sochris Nine, le bateau de Christophe Souchaud spécialement équipé pour embarquer des personnes handicapées. Petite brise et gentil clapot. Evidemment, comme toujours, le peu de vent dont Eole a daigné nous gratifier, on l'a dans le nez. Tant pis donc pour la zénitude des grandeurs océanes, route pêche... bercés par le ronron du moteur.

Jules et votre serviteur ont pris le premier quart de nuit à surveiller les pélagiques espagnols qui font leur trait de chalut à deux. Dans le "carré" (les guillemets s'imposent) spécialement aménagé pour cette transatlantique, Xavier et Jean-Michel se sont organisés un couchage de fortune. Un grand tapis de mousse bleu à remplacé l'habituelle table centrale. Fauteuils, valides et mal voyants : tout le monde sur le même pied d'égalité, tous le monde dans la même "galère".

Et puisque le vent n'est pas de la partie et que c'est le pilote automatique qui fait tout le boulot, chacun s'octroie une grasse matinée bien méritée. Ça bouquine, Mylène et Maïté se sont proposées pour la cambuse du midi. Xavier fait ses exercices de respiration avec son harmonica. Ambiance blues dans cet océan bleu.

Mardi 12 mai, 15h

Toujours aussi peu de vent et toujours dans le nez. Au menu, riz-thon-tomate-poivrons. Avant de passer à table, répétition générale dans le "carré" ; l'hymne du Rhum Solidaire : "Si tu n'aimes pas ton frère, ton cœur, à quoi il sert ?". Xavier lâche son harmonica et enfile sa veste de quart.
Des cordages traversent l'intérieur du bateau pour l'aider dans ses déplacements. Dans la descente c'est une corde à nœuds qui lui permet, à la force des bras, de sortir dans le cockpit. Quatre sièges baquets, dont deux abrités sous une capote, l'attendent pour participer aux manœuvres ou juste prendre l'air. Mais cet après midi, pas la peine de s'énerver. On attend la bascule de vent pour envoyer un peu de toile et couper enfin le moteur. Du coup, sieste pour tous le monde.