Coronavirus : le regard des Rochelais vivant à l’étranger

Tout le monde n’est pas rentré au pays dans le sillage de la vague de Covid-19 qui s’abat sur le monde. Certains sont restés à l’étranger, y compris dans des pays frappés, eux aussi, par le virus. L’occasion de croiser les points de vue sur la crise.
 

Claire-Marie Delgado est vétérinaire à Linares, dans le sud de l'Espagne (à gauche) - Aaron Giannino, un jeune étudiant rochelais installé à Montréal (à droite).
Claire-Marie Delgado est vétérinaire à Linares, dans le sud de l'Espagne (à gauche) - Aaron Giannino, un jeune étudiant rochelais installé à Montréal (à droite). © Claire-Marie Delgado - Aaron Giannino
Son stéthoscope accroché au cou, Claire-Marie Delgado arbore un large sourire, comme un pied de nez face à la crise que traverse le pays dans lequel elle travaille depuis 5 ans.
A 29 ans, cette Rochelaise a installé son cabinet de vétérinaire à Linares en Espagne, une petite ville d’Andalousie située à deux heures et demi de Madrid. Loin du "volcan ".

Là bas, comme à Barcelone la situation est particulièrement tendue.Tandis qu’ici, pour le moment, nous sommes moins impactés par la pandémie de Coronavirus. 
- Claire-Marie Delgado, vétérinaire à Linares en Espagne

Pour autant, Claire-Marie suit l’évolution de la crise sanitaire et de ses conséquences. " Ici, je ne suis pas trop inquiète par rapport à la maladie contrairement à ce qui se passe dans les grandes villes" indique t’elle.

C’est davantage sur le plan économique que les gens s’interrogent. Personnellement, je continue de travailler mais uniquement sur rendez-vous je ne reçois qu’une personne avec son animal à la fois, afin que les gens ne se croisent pas et sauf urgence je ne fais plus de visite à domicile. 

Claire-Marie Delgado est vétérinaire à Linares, dans le sud de l'Espagne.
Claire-Marie Delgado est vétérinaire à Linares, dans le sud de l'Espagne. © Claire-Marie Delgado
Comme dans toutes les régions du globe frappées par la pandémie, l’activité a fortement diminué en Espagne.

Mais contrairement à ce que l’on a pu observer en France, ici beaucoup de commerçants, de restaurants, et de services ont cessé leur activité d’eux même, trois ou quatre jours avant que les mesures officielles soient prises. 

Un mouvement spontané qui, selon la vétérinaire, a sûrement permis d’éviter une propagation bien plus importante du virus.

Je trouve globalement que les Espagnols font preuve d’autodiscipline et beaucoup ici ont été choqués de voir les images à la télé des Français en train de faire du sport dans la rue ou dans les jardins publics. Ici en Espagne c’était interdit dès le départ.
- Claire-Marie Delgado, vétérinaire à Linares en Espagne

Où se trouve Linares (Espagne) ?


"Anticipation et force de frappe en Allemagne"

A plus de deux mille cinq cent kilomètres de Linares, Sébastien Foucaud est installé derrière son écran d’ordinateur … à Berlin. Il est confiné avec sa petite famille depuis un mois.
Cet astrophysicien de formation de 44 ans est originaire de Nieul-sur-Mer à côté de La Rochelle. Après avoir travaillé durant plusieurs années comme professeur d’astronomie à Taiwan puis à Shangai, en Chine, il vit désormais avec sa femme indienne et leurs deux enfants dans la capitale allemande, où il travaille comme responsable DATA d’une multinationale. Les crises sanitaires, il connaît un peu car il vivait à Taipei en 2009/2010, au moment où le virus H1N1 faisait trembler la planète. 

"Là bas, les autorités et la population ont développé de nombreux protocoles pour se protéger. Il faut dire qu’en vingt ans, l’Asie a été frappé à trois ou quatre reprises par des épidémies de ce type." explique-t-il. 

En Asie les gens sont habitués à porter des masques. Ils le font naturellement, non pas pour se protéger eux, mais pour protéger les autres. Ce n’est pas un scoop. C’est une autre philosophie qu’en France.
- Sébastien Foucaud, un Rochelais installé à Berlin

Toutes proportions gardées, Sébastien Foucaud n’hésite pas à faire le parallèle entre ce qu’il a vécu en Asie et la situation qu’il traverse, en ce moment, en Allemagne.

Ici aussi tout le monde respecte les distances de sécurité, des masques sont également distribués à l’entrée de nombreux magasins dans lesquels des marquages au sol ont été réalisés pour éviter tout contact entre les clients.

Mais selon lui la différence fondamentale entre L’Allemagne et la France, l’Espagne ou l’Italie est sans aucun doute l’anticipation et la force de frappe. 

"Les Allemands ont rapidement réagi au regard de la situation en Italie, en Espagne et en France, ils n’ont pas attendu." indique le scientifique en passant la main sur sa barbe de … plusieurs jours.

Ils ont rapidement pris en charge les personnes âgées, du coup aujourd’hui le nombre de décès dans cette catégorie de la population est plutôt faible alors que, proportionnellement, le nombre de victimes est plus élevé chez les jeunes qui se montrent, parfois, plus négligents. 

Rigueur, anticipation, vigilance, pour Sébastien Foucaud, l’Allemagne s’est surtout dotée de l’arme absolue face au coronavirus : un système hospitalier parfaitement équipé et préparé.

On compte environ 1400 établissements hospitaliers dans le pays et surtout le personnel y est environ cinq fois plus nombreux qu’en France pour une population quasi équivalente. 

Ce système coûteux, dénoncé par certains dans le pays permet aujourd’hui à l’Allemagne de compter dix fois moins de morts du Covid 19 que la France et même d’accueillir certains de ses malades.

Où se trouve Berlin (Allemagne) ?


A Montréal "ça va bien aller !"

Face à la crise Aaron Giannino, 20 ans, propose son aide. Cet ancien élève du lycée Jean Dautet de La Rochelle a traversé l’Atlantique, sitôt son diplôme en poche pour aller étudier les langues à Montréal. C’était il y a près d’un an, bien avant l’arrivée du Coronavirus. 
Il y a quelques jours il s’est inscrit sur un groupe Facebook.  

En fait, il s’agit essentiellement de venir en aide à tous ceux qui ne peuvent pas sortir ou se déplacer pour faire leur courses.
- Aaron Giannino, étudiant à Montréal

Car ici aussi, dans la belle province, le virus gagne du terrain. Selon les autorités, le nombre de cas double tous les trois à cinq jours et la province du Québec est la plus touchée avec plus de la moitié des cas du pays.  

Ici les gens respectent scrupuleusement les consignes de confinement. En revanche, ils trouvent choquant l’attestation que les Français doivent impérativement remplir avant de sortir de chez eux.

"Ici, la population est naturellement disciplinée, porte des masque et respecte les distances de sécurité, du coup ce type de mesure est perçue ici comme un affront, une atteinte aux liberté de chacun" précise ce fan de comédie musicale et de rap québécois. 
Aaron Giannino, un jeune étudiant rochelais installé à Montréal.
Aaron Giannino, un jeune étudiant rochelais installé à Montréal. © Aaron Giannino
Pour le moment, le pays serre les dents et le Premier ministre Justin Trudeau vient régulièrement faire le point à la télévision sur la situation et sur les mesures que son gouvernement met en oeuvre face à l’évolution de la pandémie.

Il le fait bien plus souvent que le fait Macron en France.

En attendant la fin de la crise sanitaire, les Français applaudissent leurs personnels soignants tous les soirs à 20H00. Au Québec, chacun dispose à l’extérieur de son appartement un arc en ciel en carton où en papier, sur lequel est écrit : "Ca va bien aller ! ".Aaron a installé le sien sur son balcon.
Il avait prévu de rentrer à La Rochelle dans un mois mais il s’est rapidement fait une raison : "Ce sera pour plus tard ".

Où se trouve Montréal (Quebec - Canada) ?

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