Grâce à sa technologie de chirurgie à l’aide de la réalité virtuelle, Abys Medical s’ouvre les portes du CES de Las Vegas

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Écrit par avec Florent Loiseau

Basée à la Rochelle, Abys Medical, fera partie des 140 entreprises françaises à pouvoir exposer leurs innovations lors du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas du 4 au 8 janvier 2022.

Dans sa clinique vétérinaire de la Rochelle, le vétérinaire Thomas Cézard s’apprête à opérer son patient du jour : un chien atteint d’une malformation du radius. Mais avant d’entamer la découpe de l’os et la pose de vis, le docteur enfile d’abord une drôle de paire de lunettes avant d’agiter ses mains dans le vide, comme devant un écran tactile. 

Si la scène semble tout droit sortie d’un film de science-fiction, cette technologie développée depuis cinq ans à La Rochelle par l’entreprise Abys® Medical, offre au vétérinaire la possibilité d’observer en direct, à la manière d’un GPS, la procédure à suivre pour opérer son patient.

Un système novateur

Finies les plaques et les vis standardisées, grâce à cette nouvelle solution chirurgicale, tout est désormais fait sur-mesure. Le vétérinaire n’a simplement qu’à importer un scanner de la zone à traiter dans le système d’Abys Medical et le programme se charge de le reconstituer en modèle 3D sur un écran.

Le système va ensuite calculer la déformation et l’opération que le chirurgien devra effectuer pour la corriger. Une fois l’intervention définie, "le programme génère ensuite une plaque, imprimée en 3D, basée sur cette simulation de correction qui va épouser la forme de l’os", précise Jean-Marie Housseau, directeur de programme chez Abys Medical.

Véritable innovation dans le domaine de la chirurgie orthopédique, cette technologie d’opération facilitée par la réalité virtuelle a permis à l’entreprise rochelaise de s’ouvrir les portes du Consumer Electronics Show (CES) — rendez-vous mondial de l’électronique et de l’innovation — en 2022. Comme 140 autres entreprises françaises, Abys Medical aura l’opportunité de présenter son projet au salon de Las Vegas du 4 au 8 janvier.

Un gain de temps et d’efficacité

Avec cette technologie, l’entreprise rochelaise a pour but d’améliorer à terme l’efficience des soins en chirurgie orthopédique et garantir une intervention réussie du premier coup.

Cela fait plus de 35 ans que l’on utilise les mêmes protocoles de prises en charge. Aujourd’hui avec l’avènement de la technologie, on peut fluidifier et digitaliser cette prise en charge et ainsi améliorer l’efficacité de l’opération

Arnaud Destainville, président et co-fondateur d’Abys Medical

Le programme permet également un gain de temps considérable pour les praticiens lors d’opérations lourdes sur un animal telles que la découpe d’un os. "Habituellement c’est une intervention qui nous prend environ deux heures. Là, grâce à ce système, on passe à trois-quarts d’heure d’opération. C’est une solution d’avenir qui offre un confort une sécurité supplémentaire pour les patients et l’équipe médicale", déclare Thomas Cézard.

Une progression spectaculaire et de grandes ambitions

A terme, d’Abys Medical souhaite devenir la nouvelle référence de prise en charge chirurgicale et s’imposer sur le marché. Dans cette optique et accompagnée par les collectivités locales, l’entreprise rochelaise a ouvert, l’été dernier son capital à des investisseurs privés afin de financer la mise sur le marché de son programme. Résultat : plus de trois millions d’euros ont été levés. En pleine phase de croissance, l’entreprise en a également profité pour revoir son nombre de salariés à la hausse, en passant de dix membres en mai 2021 à 25 actuellement voire 35 d’ici la fin de l’année 2022.  

Si pour le moment, le programme d’Abys Medical a pour visée la chirurgie orthopédique vétérinaire, l’entreprise connaît un véritable tournant. "Après 5 ans de travail, notre premier produit sera disponible en 2022. Cela va nous permettre de continuer le chemin vers notre objectif initial, la chirurgie humaine d’ici deux à trois ans en fonction de la vitesse à laquelle les réglementions nous permettre d’accéder sur le marché", assure Arnaud Destainville.