Musique : Park, un nouveau groupe bien connu de la scène pop-rock

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Écrit par Yann Salaün

Confinés, les Saintais de Lysistrata et Frànçois Marry, le leader de Frànçois & The Atlas Mountains, ont profité de cette parenthèse sanitaire pour monter un nouveau projet. Au début, un groupe juste pour le plaisir mais, finalement, un album de haute volée et une tournée en perspective.

Dans un canapé rouge de La Sirène, où Park préparait ses prochains concerts, les quatre énergumènes de cette décidément surprenante scène saintaise, ont décidé d'avancer masqués. Des masques primitifs comme des smileys ratés en pâte à sel, du genre massacre à la tronçonneuse mais en gentils.

Forcément, l'anonymat est plutôt relatif pour les habitués de la salle de La Pallice. De gauche à droite, on reconnait sans peine Ben, Théo, guitariste et bassiste de Lysistrata, à côté Frànçois Marry et Max, le batteur. De prime abord, on peut donc être surpris de ce compagnonnage musical.

Avec The Atlas Mountains, Frànçois ferait presque figure de vétéran dans ce paysage indy de la scène pop et world hexagonale. Après tout, c'est en 2005, une éternité, qu'il sortait son premier album avant de signer, plus tard, chez, excusez du peu, le label anglais Domino Records (Franz Ferdinand, The Kills, Artic Monkeys). Indépendant, il l'est resté, cultivant cette veine délicate d'une pop intelligente, puissante et sensuelle.

Le trio Lysistrata, lui, a déboulé sans ménagement dans le paysage bien plus tard, en 2017. Leur furie noise a tout fait valdingué et, très vite, ils ont enchaîné les concerts en Europe, en Chine, au Canada. Décidément, Saintes, la belle endormie, cache bien son jeu. Mais de là à imaginer que ces deux univers puissent un jour se retrouver sur une même scène.

"Il y a un aggiornamento qui s’est trouvé rapidement parce qu’on vient de la même ville, on a mangé la même pierre et je pense qu’il y a des références communes dans Lysis et Frànçois & The Atlas Mountains qui ne sont pas visibles dans chacun des projets", explique Frànçois, "notamment des groupes des années 90 comme Sparklehorse et Yo La Tengo. Et puis c’est tombé dans une période où on avait du temps. Lysis ne pournait pas, moi non plus à cause du bins mondial et on en a profité pour enregistrer. On a fait un bébé Covid".

Vidéo - "Réveil Heureux" (Park)

 Avec "Réveil Heureux", le premier single sorti en janvier dernier, Park annonce tout de suite la couleur. Le clip tourné à Saint-Jean d'Angély fleure bon le "Do it yourself" avec nos quatre lascars en costards en train de manger une glace sur un terrain de motocross. Improbable. Oui, ceux-là se sont bien trouvés.

"On n’avait aucune pression, on voulait juste se faire plaisir", avoue Théo, "le but, c’était vraiment de rigoler. On s’est juste laissé guidés par le plaisir de jouer de la guitare, de la batterie et de la basse". Tout simplement.

Plus surprenant peut-être est de retrouver la voix de Frànçois Marry avec ce mur d'amplis et ces si talentueux jeunots. " C’est un territoire que j’avais déjà exploré quand j’étais plus jeune et, même avec Frànçois & The Atlas Mountains, on avait des sons assez massifs mais plus sur les percussions. Mais c’est vrai que ça me manquait beaucoup de ne pas être porté par le son lourd. Je pense que ça fait du bien, ça décrasse. Il y avait une sorte apathie en 2019 avant que l’ordre mondial se mette à l’arrêt et je trouvais que c’était nécessaire d’avoir un son qui racle".

Vidéo - "Ghost" (Park)

A contrario, le deuxième single "Ghost" nous montre une autre facette plus délicate de "Lysis" même si, auparavant, les Saintais avaient à maintes reprises montré la vaste étendue de palette émotive dont ils étaient capables. "La musique de Lysis, elle est aussi un peu up and down", confirme Théo, "on a des trucs assez massifs mais aussi des choses plus calmes, belles, des trucs plus fins. Du coup là, ça nous permet de nous calmer un peu, de jouer sur la retenue et d’essayer de contenir nos doigts et nos voix. C’est un super exercice".

Et ces masques zarbis alors ? Parce que ça nous taraude quand même un peu depuis le début de l'interview. "En fait, ce qui s’est passé, c’est que, pendant une répétition, certains faisaient des enregistrements de guitare et d’autres des pizzas", tente maladroitement de se justifier Frànçois, "les enregistrements de pizza ont pris le pas mais la pizza a un peu trop cuit et c’est devenu un ustensile de groupe". Ok, dont acte.

Et l'avenir ? La sortie de l'album est prévue pour le 25 mars prochain chez Vicious Circle. Des concerts sont déjà programmés au Confort Moderne à Poitiers, à La Nef d'Angoulême et, bien sûr, à La Sirène de La Rochelle le 8 avril. Et sinon ? "On va faire une première tournée d’adieu et on va tous finir dans le métaverse". Ca semble raisonnable.