Polémique autour du passé négrier du port de La Rochelle

Publié le Mis à jour le

Un simple paragraphe était prévu sur le sujet. L'exposition historique installée en plein air sur le vieux port ne faisait pas beaucoup de cas de la traite négrière. La Rochelle est pourtant le 3e port français à s'être enrichi grâce au commerce des esclaves. Des associations ont protesté.

A travers 11 panneaux, une exposition in situ retrace 800 ans de l'histoire du vieux port de La Rochelle. Richement illustrée, la carte postale est belle mais pas aussi informative que cela. Rien n'était prévu pour évoquer le commerce triangulaire. Or, durant 3 siècles, du XVIIe au XIXe, 427 navires sont partis pour la traite transatlantique contribuant à l'activité économique rochelaise.



La traite rochelaise aurait déporté 130 000 Africains à l'époque.

Découvrant l'exposition, un collectif d'associations locales s'est ému qu'aucun panneau n'ait été installé, d'emblée, pour aborder ce pan de l'histoire du port.

 

Une omission étonnante



Dadou Kelh, du collectif "Pour la diversité" explique :

 

Il ne s'agit pas de refaire des tribunaux, "d'éxécuter" des gens au motif qu'ils seraient issus de ces familles, pas du tout. Mais il faut témoigner de cette histoire, donner à comprendre atrocités subies, peut-être aurait-il fallu des photos plus dures encore pour comprendre la souffrance subie.



Alerté, le maire Jean-François Fountaine a fait corriger le tir : "La Rochelle a joué un rôle important dans ce négoce des êtres humains. Les Africains étaient déportés et utilisés comme ouvriers dans l'industrie sucrière".



En réponse à la demande de ce collectif, un panneau supplémentaire viendra donc compléter et rectifier l'exposition. Son installation est prévue avant le 10 mai, date l'abolition de l'esclavage.



Un étrange oubli, d'autant que la ville abrite, dans l'ancienne demeure d'un des plus grands négriers, le musée du Nouveau Monde qui retrace cette histoire douloureuse.

 
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