La Rochelle : des chercheurs à la traque des méduses

© MAXPPP
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Une étude scientifique conduite par l'observatoire Pelagis et le CNRS pourrait nous aider à comprendre le déclin de la biodiversité marine. Des chercheurs ont recensé les poissons-lune en Méditerranée et dans l'Atlantique Nord. Un indicateur qui pourrait se révéler essentiel.

Par Hugo Lemonier

Cette étude part d'une idée simple. Durant l'automne et l'hiver 2011, des scientifiques survolent la Méditerranée et l'océan Atlantique à la recherche des poissons-lune.

Les concentrations de ces spécimens sont sans commune mesure : "Les densités de poissons-lune étaient 10 à 30 fois plus importantes dans les eaux françaises que dans les autres zones, où cette espèce a été recensée", s'étonne encore David Grémillet, directeur de recherche CNRS au Centre d’écologie, fonctionnelle et évolutive. 
Des poissons-lune. / © MAXPPP
Des poissons-lune. / © MAXPPP

"Plus de 290 000 individus vogueraient dans ces eaux en été, jusqu’à 475 individus par 100 km2 dans le golfe du Lion", précise impliquant le laboratoire PELAGIS/SOCMOM DE La Rochelle qui a contribué à l'étude.

Un indicateur de la population de méduses

Or, les poissons-lune se nourrissent essentiellement des méduses, explique Matthieu Authier, chercheur à l'observatoire Pelagis : "En estimant la quantité de poissons-lune dans une zone, on peut donc calculer le nombre de méduses, ce qui est très difficile à faire d'ordinaire."

D'après les scientifiques, "chaque poisson-lune consomme quotidiennement 71 kg de méduses, ce qui correspond à 20 774 tonnes par jour en été si l’on considère tous les poissons-lune de France métropolitaine".

Ce chiffre n'a l'air de rien, mais il pourrait trancher une grande controverse qui secoue les spécialistes des milieux marins. Une partie de la communauté scientifique croit observer une augmenter la population de méduses, ce qui dénoterait une modification radicale et irréversible de la biodiversité marine.

Des perspectives de recherche prometteuses

Le déclin de la biodiversité se manifeste d'abord par la raréfaction des espèces les plus imposantes de la chaîne alimentaire. Lorsque les espèces de petite taille viennent à disparaître en raison de la surpêche et de la hausse de la température des océans, les poissons seraient peu à peu remplacés par des méduses, qui se nourrissent elles aussi de plancton.

Suivant ce raisonnement, de nombreux scientifiques estiment que la densité de méduses pourrait être un indicateur du déclin de la biodiversité marine. L'étude conduite par l'observatoire Pelagis et le CNRS devrait ainsi se répéter afin de pouvoir confirmer cette hypothèse.

Un nouveau recensement des poissons-lune devrait être organisé par l'Agence française pour la biodiversité. 

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