Un appel à l'aide pour sauver un joyau du patrimoine de l'île de Ré

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Les amis de l'écluse Moufette sur l'île de Ré lancent un SOS pour sauver cette écluse située au pied du phare des Baleines. L'association recherche de bénévoles pour reconstruire cette pêcherie qui fait partie du patrimoine de l'île. Aujourd'hui les écluses ne servent plus à nourrir la population comme ce fut le cas pendant des siècles mais elle restent emblématiques et des associations se mobilisent pour les conserver.

"Début décembre, la tempête Aurore a été extrêmement violente, le mur de l'écluse à poisson a été complètement emporté par les vagues, il n'y a plus rien, tout est à reconstruire", se désole Jean-Paul Payolle, l'un des bénévoles de l'Amicale de Moufette, une association qui restaure et entretient la plus grande écluse à poisson de l'île de Ré.

Située au pied du phare des Baleines, sur la partie la plus septentrionale de l'île, l'écluse Moufette est visible à marée basse entre la côte et le phare des Baleineaux.

Traditionnellement baptisées "pêcheries" ces écluses en pierres sèches étaient destinées à piéger le poisson. Les premières sont apparues au Moyen-Age, celle de Moufette date du 17è siècle.

Fin 2021, l'écluse Moufette a été victime d'un nouveau de tabac, les dégâts sont considérables mais pour reconstruire les murs de ce joyau du patrimoine maritime, les bénévoles se font de plus en plus rares.

L'Amicale de l'écluse Moufette lance SOS. Il faut trouver des volontaires pour sauver la plus grande écluse à poissons de l'île.

Une pierre qui tombe, c'est comme une maille qui file


"Il faut reconstruire ce qui est cassé, c'est comme un tricot, une pierre qui tombe c'est comme une maille qui file et si on n'intervient pas toute suite, c'est irrattrapable, il faut donc que des bénévoles acceptent de venir pratiquement tous jours, pour voir l'état du mur", avertit Jean Wiesel, le secrétaire Amicale de Moufette. 

"C'est un éternel recommencement", plaisantent ces joyeux retraités qui se retrouvent comme chaque semaine pour panser les plaies de ce vestige qui se découvre à marée basse au pied de l'emblématique phare des Baleines.
Les stigmates de la tempête sont toujours visibles, un trou béant balayé par l'océan. La reconstruction de l'édifice s'effectue selon les méthodes du Moyen-Age, pierre par pierre.
"On prend des pierres triangulaires que l'on pose sur le mur et entre ces pierres, on dispose des galettes, des pierres plus petites, et c'est la mer avec ses vagues qui va faire descendre les galettes et bloquer l'ensemble", détaille Norbert Rizo, le chef de l'écluse Moufette.

Jean Claude Martinez a répondu au Sos de l'association et depuis trois semaines, il vient prêter main forte à la restauration des murs.

"Bien sûr, il faut porter des cailloux mais ça fait du bien et l'équipe est vraiment sympathique, l'endroit est sublime, ça vaut le peine de venir", se réjouit Jean-Claude Martinez, bénévole  de l'Amicale de Moufette.
Y aura assez de volontaires pour sauver l'écluse Moufette et éviter qu'elle ne disparaisse comme plus d'une centaine de pêcheries de l'île de ré ?
L'ambiance conviviale instaurée par l'équipe de bénévoles devrait en tous cas convaincre les plus indécis.

Au début du 20è siècle, il y avait 140 écluses sur l'ile de Ré, il n'en restent que 14 actuellement et si les renforts ne répondent pas à l'appel, la plus grande pêcherie de l'ile pourrait elle aussi être engloutie par les flots.