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Angoulême : des femmes en guerre contre les implants Essure

En Charente, des femmes se battent aux côtés de l'association Resist pour dénoncer les nombreux effets indésirables des implants Essure et obtenir leur retrait du marché. 
Le dispositif de contraception définitif Essure, utilisé par quelque 160 000 femmes en France, commence à faire parler de lui en raison de nombreux effets indésirables qui disparaissent après le retrait de cet implant. En Charente, nous avons rencontré Isabelle et Agnès. 

"Douleurs psychologiques" 

Depuis deux ans, Isabelle Canin demande à se faire retirer ce petit ressort de 4 cm environ glissé par voie naturelle jusque dans les trompes. Au corps médical, elle explique souffrir de douleurs dans le bas du ventre, de saignements anormaux ou encore de fatigue, très pénalisantes au quotidien.  Mais pour les médecins, ses symptômes sont d'ordre psychologique, ce qu'Isabelle réfute : "Je sais très bien que mes douleurs ne sont pas psychologiques mais bien réeelles".

Agnès Lamoureux, elle, est parvenue a se faire retirer ses implants en mai 2015. Au bout d'un mois et demi, elle n'y tenait plus. Elle raconte avoir "harcelé" son médecin qui "ne comprenait pas où était le problème". Comme Isabelle Canin, elle a rejoint l'association Resist qui œuvre pour obtenir le retrait du marché de ce dispositif fabriqué par le laboratoire Bayer et invite les femmes à ne plus y avoir recours dans l'attente des résultats de deux études commandées par le Ministère de la santé. 
 

400 implants

Au centre hospitalier d'Angoulême, quelque 400 implants de ce type ont été posés depuis 2008. Le Dr Damien Robilliard, qui dirige le service de gynécologie au C.H d'Angoulême, reconnait qu'il existe bien des effets secondaires connus après la pose de ces implants, tels que des "douleurs abdominales"ou des "saignements" "mais selon lui, "il n'y pas d'autres risques reconnus et les études ne montrent rien de particulier" . 

Reportage de Christina Chiron, Cécile Landais, Marcel Dubois et Patrick Mauduit (intervenants : Isabelle Canin, porteuse de l'implant Essure; Damien Robilliard, chef du service de gynécologie au C.H d'Angoulême; Agnès Lamoureux, ancienne porteuse de l'implant Essure) 
durée de la vidéo: 02 min 06
Collectif de femmes contre les implants contraceptifs
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