La chasse à la tonne, une tradition encore bien vivante dans le sud-ouest

La chasse à la tonne se pratique aux abords de plans d'eau, caché dans une cabane, à l'affût des canards et des oies sauvages / © Q.Monaton/F3Aquitaine
La chasse à la tonne se pratique aux abords de plans d'eau, caché dans une cabane, à l'affût des canards et des oies sauvages / © Q.Monaton/F3Aquitaine

La chasse aux gibiers d'eau a rouvert le week-end dernier dans la région. Plusieurs milliers de passionnés ont retrouvé leurs cabanes aux abords des marais et des plans d'eau à l'affûts des canards sauvages. Une pratique qui se perpétue depuis des générations.

Par CA

"Là-bàs y a une jolie volée de canard" alerte Mathieu, "il va en passer une dizaine" dit-il ses jumelles collées à la figure. 

Finalement non, ces canards là disparaîtront dans la brume. Pourtant, tout près de la cabane des deux trentenaires, nombre d'appeaux et d'appelants ont été disposés.
 

Une tradition transmise de génération en génération

Des canards en plastiques flottent tout près de la tonne, ce sont des appeaux qui doivent attirer les canards sauvages / © Q.Monaton
Des canards en plastiques flottent tout près de la tonne, ce sont des appeaux qui doivent attirer les canards sauvages / © Q.Monaton

Les appeaux sont des canards en plastique, une centaine flotte sur l'eau. Les appelants sont des canards élevés par les chasseurs eux-mêmes. Des espèces choisies pour leurs chants sensées attirer d'autres canards au plus près des tireurs. 

"C'est mon père qui m'a transmis ça. Depuis l'âge de 4 ans je vais à la chasse aux canards avec lui. J'adore ça, j'adore être là" nous confie Jérôme.

La cabane, appelée la tonne, du nom des tonneaux retournés utilisés au 19e siècle, dispose de deux petites pièces et d'une cave en béton. 

"On arrive le soir, on y mange, on joue à la belote parfois et on reste jusqu'au lendemain" expliquent les deux amis. La pièce principale est en effet équipée d'une gazinière, d'une table et de chaises, les autres ont des couchettes superposées et des ouvertures pour guetter les animaux.
 

Une chasse sévèrement règlementée


Jérôme et Mathieu veulent montrer une bonne image de la chasse, pas celle qui tue mais celle qui prélève. 

"On veut casser l'image négative. Il ne s'agit pas que de prélever des oiseaux, il y a tout un travail avant, pendant et après. On régule, on entretient les zones humides" expliquent-ils. 
 
Le chasseur à la tonne doit rester silencieux et patient camouflé dans sa cabane / © Q.Monaton/F3Aquitaine
Le chasseur à la tonne doit rester silencieux et patient camouflé dans sa cabane / © Q.Monaton/F3Aquitaine


Cette chasse au gibier est en effet sévèrement réglementée. Chaque installation doit être déclarée à la préfecture et leur nombre est limité.

En Gironde, il est désormais interdit d'installer de nouvelles tonnes. Et les propriétaires s'engagent à participer à l'entretien des mares et parcelles attenantes.

La chasse à la tonne se pratique essentiellement dans les départements côtiers. En Aquitaine on les trouve le long de l'estuaire de la Gironde, autour du Bassin d'Arcachon, des lacs médocains et landais, dans les Barthes de l'Adour et autour des marais.

La période d'ouverture s'étale jusqu'au mois de février, au moment du passage des oies sauvages.

Dans le reportage qui suit, Mathieu et Jérôme nous font découvrir leur tonne située au bord du lac d'Hourtin en Gironde. Un reportage de Charlotte Boniteau et Quentin Monaton :
 
La chasse à la tonne, une tradition encore bien vivante dans le sud-ouest
La chasse aux gibiers d'eau a rouvert le week-end dernier dans la région. Plusieurs milliers de passionnés ont retrouvé leurs cabanes aux abords des marais et des plans d'eau à l'affûts des canards sauvages. Une pratique qui se perpétue depuis des générations. - C.Boniteau/Q.Monaton





 

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