Coronavirus. A Limoges, l'opposition municipale réclame plus de démocratie au maire

Dans une tribune publiée sur les réseaux sociaux le 14 avril 2020, les élus d'opposition socialistes réclament davantage de transparence et de démocratie au maire de Limoges. Emile-Roger Lombertie annonce un conseil municipal pour "fin mai", en présentiel ou en visioconférence.

Emile Roger Lombertie est l'invité de Dimanche en Politique.
Emile Roger Lombertie est l'invité de Dimanche en Politique. © France 3 Limousin

Un mois tout juste après le premier tour des élections municipales, la vie démocratique a encore du mal à trouver un rythme nouveau, d'autant plus que le second tour du scrutin n'a jamais eu lieu. Suspendu en raison du confinement, il était prévu en juin, mais il pourrait être une nouvelle fois repoussé, plusieurs dates sont évoquées (octobre 2020 ou mars 2021) sans qu'aucune ne soit confirmée à cette heure. 

Cette période d'incertitude totale provoque parfois des tensions au sein des exécutifs locaux. C'est la cas à Limoges où les élus d'opposition socialistes ont publié une tribune sur les réseaux sociaux le 14 avril 2020. 


   

Réclamant plus de démocratie, ils dénoncent un manque de communication. "Seul nous a été transmis un courrier de simple information en date du 20 mars adressé par mail. Les élus du conseil municipal sont tenus de fait complètement à l'écart. Ils n'ont été ni informés ni consultés, individuellement ou collectivement, sur les sujets qui font malheureusement notre actualité brûlante et dramatique".


A titre de comparaison, les élus d'opposition font référence au conseil régional de Nouvelle-Aquitaine dans lequel siège le premier adjoint de Limoges Guillaume Guérin ou au conseil départemental de Haute-Vienne, des collectivités où "on s'organise pour la transparence et le partage des décisions et des actions. 
 

"Il nous semble indispensable de trouver les modalités les plus adaptées à la tenue d'un Conseil municipal dans les meilleurs délais" poursuivent ces élus, déplorant qu'aucun conseil ne se soit prévu à Limoges par visioconférence.

Ce procédé nouveau est pourtant en train de se développer partout en France : cela s'est fait le 10 avril à Rennesc'est envisagé à Bordeaux ou annoncé pour le 30 avril à Nantes.

 

Un conseil municipal prévu fin mai à Limoges

 

"Ils réclament des choses qui sont logiques", réagit le maire de Limoges Emile-Roger Lombertie, joint par téléphone ce 15 avril 2020. Mais nous avons d'abord dû gérer l'urgence : la prolongation des services, la protection de nos agents, la mise en place d'aides aux familles, la distribution des 87 000 masques FFP2 dont nous disposions depuis 2009... C'était une période de temps suspendu, car nous devions savoir ce qui allait se passer au niveau institutionnel, sur la continuité démocratique.


Le maire de Limoges fait ici référence à l’ordonnance relative au fonctionnement et à la gouvernance des collectivités territoriales et de leurs groupements qui a été adoptée par le Conseil des ministres du 1er avril 2020 et publiée au Journal Officiel le 2 avril

Nous avions la chance d'avoir voté les budgets en fin d'année 2019, nous n'avions pas d'obligation comme c'est le cas du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine qui a dû se réunir pour gérer la crise afin notamment de voter un plan d'urgence. Maintenant que nous avons un cadre légal, précise Emile-Roger Lombertie, nous allons organiser dès la semaine prochaine une téléconférence avec les responsables des groupes politiques et nous prévoyons d'organiser un conseil municipal fin mai à Limoges, on espère pouvoir le faire en présentiel sinon ce sera par visioconférence.



Concernant l'autre sujet de mécontentement soulevé par les élus PS, à savoir l'absence de tribune libre des groupes politiques, notamment ceux d'opposition, dans l'édition numérique du journal municipal Vivre à Limoges, "ils ont complétement tort" regrette le maire de Limoges qui affime que "sur un plan légal comme nous étions entre 2 tours, nous avons fait un numéro d'information.
"Pour les prochains numéros, ils y seront évidemment associés et il y aura des tribunes. Rien ne leur a été caché, ils ont mon numéro de téléphone et peuvent tout-à-fait m'appeler !", conclut Emile-Roger Lombertie.


A Guéret, le maire Michel Vergnier : "Maintenant, il nous faut une date pour le second tour !"


A Guéret, le maire Michel Vergnier s'adapte lui aussi aux circonstances. "Notre budget a heureusement été voté, mais pas notre compte administratif. Pour l'instant, c'est repoussé jusqu'en juillet, mais ça veut dire qu'avant ça, j'ai au moins deux conseils municipaux à faire, nous explique-t-il.

On pourra réunir le conseil municipal, puisque on a droit à un quorum d'un tiers (chaque conseiller pouvant avoir 2 procurations), donc on peut se réunir à 11 (sur 33) dans une grande salle avec des masques, on peut même le faire en visio. Le problème, c'est qu'on ne sait pas combien de temps on va devoir assurer cet intérim ! Il nous faut une date de second tour, et vite, on ne peut pas rester dans le flou comme ça !


Michel Vergnier figurait en 6ème place sur la liste de Sylvie Bourdier arrivée en 3ème position au premier tour dans la préfecture creusoise. Guéret fait partie des communes limousines où un second tour est nécessaire. Trésorier de l'AMF (Association des Maires de France), il confie qu'au sein de l'association, "juin, on n'y croit plus. On aimerait que ça se déroule en octobre sauf que dans ce cas, il faudrait refaire les 2 tours. Je n'ai pas d'avis tranché sur le fait de conserver le 1er tour, mais pour cela, il faut une loi.

L'autre hypothèse qui serait de repousser à 2021 lui semble peu probable, cette année étant déjà chargée électoralement, avec les régionales et les départementales. Le casse-tête reste entier pour le gouvernement. 
 
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