Aider la cloche de St-Bonnet-les Tours-de-Merle à sonner de nouveau

La cloche de l'église rythme la vie de ses habitants. / © Jean-Michel Teulière, maire de Saint-Bonnet-les-Tours-de-Merle
La cloche de l'église rythme la vie de ses habitants. / © Jean-Michel Teulière, maire de Saint-Bonnet-les-Tours-de-Merle

Mi-septembre 2019, la mairie de St-Bonnet-les Tours-de-Merle a lancé une souscription publique pour la rénovation de la cloche du village
 

Par Margaux Blanloeil

Il y a un an, l’un des repères du petit village de Corrèze, en Xaintrie, la cloche de son église, s’est tue. Elle a cessé de rythmer la vie de ses habitants, arrêtant d’annoncer les quarts, les demis et les heures.
 

Quand la cloche sonnait à 19h, les enfants jouant devant l’église, savaient qu’il était l’heure de rentrer.


Le maire Jean-Michel Teulière poursuit : « Pendant les enterrements, la cloche ne peut plus sonner. C’est une déception parce-que cette sonnerie marquait une forme de respect pour nos morts ».

Le silence a gagné le joli bourg, mais Saint-Bonnet-les Tours-de-Merle a perdu de son charme ou un brin de son âme.

La quarantaine d’habitants aimeraient bien entendre à nouveau la musique quotidienne de son église, sa cloche représente un symbole important du patrimoine rural.
 
L'an passé, la cloche s'est tue. / © Jean-Michel Teulière
L'an passé, la cloche s'est tue. / © Jean-Michel Teulière



"Aide-toi, le ciel t'aidera »


Le village possède un petit budget, quelques dizaines de milliers d’euros seulement pour le fonctionnement global du bourg, et l’indemnisation des élus. Un budget insuffisant pour financer la réfection de la cloche.

Mais à Saint-Bonnet, on n’est pas du genre à attendre l’aide de l’extérieur. A Saint-Bonnet, on ne fait rien par dépit. Leur devise, cette maxime de La Fontaine : "Aide-toi, le ciel t'aidera ».

Avec ce budget, cette toute petite commune n'a aucun employé municipal. L'entretien de l'espace public est assuré quasi quotidiennement par sa population.

De nombreux chantiers citoyens sont organisés chaque année (Rénovation de son cimetière en espace paysager zéro pesticide (Prix décerné par l'UNESCO), édification de murs, rénovation de l'appartement communal, réparation des réseaux d'eaux…)

 Depuis 2014, ce n'est pas moins de plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économie réalisée par la commune désargentée grâce à l'implication de ses citoyens.
 

Lancement d’une souscription


Pour remettre en état la cloche du village, il n’a pas été question de demander des subventions ou encore des financements privés, le maire a tenu à faire appel à la population, pour qu’elle mesure la valeur de son patrimoine.

Alors, il y a un peu plus d’une semaine, Jean-Michel Teulière a lancé une souscription publique, à l’ancienne. Pas de cagnotte en ligne, l’appel aux donateurs se fait de vive voix ou par courriers dans les boîtes aux lettres.

Objectif : recueillir 2.000 euros pour restaurer la fameuse cloche.

Comment contribuer ?


Pour participer, le système est simple et intéressant puisque l’Etat prend en charge une partie. Le particulier peut donc adresser son don par courrier à l'attention de "Trésor public".

Pour les foyers fiscaux imposables, ceux-ci leur donne droit à une déduction d'impôt (66% pour les particuliers). En donnant 100 €, la réduction fiscale s’élève à 60 € et le don ne coûte plus que 40 €.
Un formulaire CERFA 11580*04 est délivré par la municipalité.
 
L'église de Saint-Bonnet date du XIIe siècle / © Jean-Michel Teulière
L'église de Saint-Bonnet date du XIIe siècle / © Jean-Michel Teulière

 

« Aussitôt lancée, aussitôt réglée »

Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour attendre les dons de ses quarante habitants. La cagnotte atteint presque la somme attendue.

Une fois bouclée, c’est une société du sud de la Corrèze, spécialisée dans les systèmes de sonneries qui effectuera les travaux.  
 

Une cérémonie de remerciement aux donateurs au son de la cloche

 
Si tout rentre dans l’ordre, une célébration s’annonce déjà pour remercier tous les donateurs.

 Le 26 octobre prochain, à 11h30, rendez-vous sous la cloche de l’église de St Bonnet les Tours de Merle pour enfin réentendre sonner une partie de son âme.
 

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