Brive : augmentation des incivilités nocturnes

Réunion hier 15 juillet 2020 du Conseil de Sécurité et de Prévention de la Délinquance de Brive. Objectif : faire le point sur l’accroissement sensible des nuisances nocturnes en centre ville. 
 

© Jean Perrier
Lors des deux derniers mois 115 signalements et interventions ont été enregistrés à Brive contre 38 pour la même période en 2019.
Problème principal : l’avenue de Paris, et ses nombreux établissements, devenue le lieu de la fête briviste.
Faute de boîtes de nuit ouvertes, les cafés sont le réceptacles d’une clientèle qui boit vite et beaucoup. 

Tout ferme à partir de 2 heures du matin, résultat : éparpillement de la foule dans les rues adjacentes et place de la Guièrle. Tapage nocturne et éventuellement rixes.
 
© Jean Perrier


Dans ce pub de l'avenue de Paris, c'est sécurité sanitaire à tous les étages. Masque obligatoire pour le personnel et pour les clients entrant dans le bar, interdiction de consommer debout. Pas toujours facile à gérer, certains rechignent. Et puis un autre problème monte en puissance comme l'explique Mathias Soursac le patron de l'établissement : "Après la fermeture on essaie de les éparpiller en leur expliquant qu'il y a le voisinnage. On arrive à évacuer la terrasse mais après ils vont dans les ruelles autour, donc j'imagine qu'en plein centre ville il doit y avoir pas mal de voisins qui ne doivent pas être bien heureux entre 2 heures et 5 heures du matin."

La façon de consommer a changé. Certains clients ont leur explication, c'est le cas de cette jeune femme qui nous fait part de ses observations : "Ils boivent beaucoup au bar, mais après ils se retrouvent un peu perdus parce qu'on ne peut pas aller en boîtes de nuit. Moi j'ai des copains qui habitent en centre ville qui ont été obligés d'appeler les flics très souvent."

Cet autre client témoigne : "Il y a beaucoup plus de bagarres qu'avant en sortie de bars. On ne peut plus rien faire. On est obligés d'aller dans des appartements. On va souvent chez moi. Les flics viennent souvent, il y a des amendes, ça gêne les voisins, c'est embêtant."
 
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Les rixes sont parfois très violentes. Les patrons essaient de calmer le jeu. Ils ferment plus tôt s'ils sentent que la situation dégénère. Et ils s'organisent comme l'explique l'un d'eux Alexis Boual : "ça peut partir très très vite vue a consommation d'alcool. Après ça reste gérable parce qu'on est tous main dans la main entre bars, du coup dès qu'il y a un problème quelque part on y va tous. On va même prendre un vigile en plus pour sécuriser l'avenue. Comme ça au moins tout le monde sera en sécurité, nous, les serveurs, les clients."

La mairie travaille avec les professionnels du secteur. Mais trouver un équilibre entre necessité économique et ordre public est loin d'être facile. Les chiffres sont parlants : près de quatre fois plus de faits délictueux enregistrés cette année par rapport à 2019. Les interventions policières se multiplent, elles sont de plus en plus compliquées. Pour Frédéric Soulier le maire de Brive il est grand temps d'agir : "Nous allons essayer, avec les patrons de bars, d'accompagner la clientèle, pendant les heures d'ouverture, après deux heures du matin c'est une responsablilité directe de l'individu, du consommateur. Mais c'est un travail en coopération et c'est dans l'intérêt des cafetiers et patrons d'établissement."

Prévention c'est le mot d'ordre, pour l'instant. Si rien ne bouge, la répression prendra le relais. Mais ce phénomène de société post confinement est tout à fait inédit. D'autant plus que pour l'instant, il n'est pas question de rouvrir les boîtes de nuit.
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