Accident de Turenne : quatre ans de prison requis dont deux fermes contre le conducteur

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Écrit par Thomas Milon et Jean Perrier.
Une affaire jugée au tribunal correctionnel de Brive.
Une affaire jugée au tribunal correctionnel de Brive. © FTV

Le tribunal correctionnel de Brive a jugé ce jeudi 18 novembre 2021 l'automobiliste de 87 ans mis en cause dans l'accident qui a coûté la vie à une fillette de 15 mois en septembre 2018 à Turenne en Corrèze. Le jugement est mis en délibéré au 9 décembre.

Trois ans après, la douleur est toujours énorme pour les parents de la petite fille morte le 15 septembre 2018.

Le couple et leur enfant étaient près de leur voiture, stationnée sur la place de l'ancien foirail de Turenne. La maman était en train de changer son bébé dans le coffre quand le véhicule a été percuté par une voiture de touristes Anglais de 81 et 85 ans.

La mère s'est retrouvée écrasée sous sa voiture alors que le nourrisson était éjecté sous la violence du choc, trois mètres en contre-bas. La femme de 27 ans a été évacuée vers l'hôpital de Brive en état d'urgence absolue alors que le bébé a été héliporté vers l'hôpital mère-enfant de Limoges, grièvement blessé et n'a pas survécu au choc.

Manque de maîtrise 

Le conducteur a été poursuivi ensuite pour "homicide involontaire et blessures involontaires". Il était jugé ce jeudi 18 novembre en correctionnelle.

Appelés à la barre, les parents de la petite fille sont effondrés et en colère. "On a la haine" lâche la maman. Le père tient un petit nounours et a posé une photo de sa fille devant la cour.

Il évoque un véhicule "qui a foncé droit sur eux ce 15 septembre 2018 et n'a donné à aucun moment un coup de frein ou un coup de volant".

Son avocate, Me Chassagne, des larmes dans la voix, explique que ce "fut plus qu'un accident".

Comment admettre que ce ne fut qu'un homicide involontaire, quand après le premier choc, le véhicule va continuer à rouler pendant sept secondes avant qu'un parapet n'arrête les deux voitures.

Me Chassagne, avocate de la partie civile.

Pour la procureure, il n'y a qu'une qualification possible : celle d'homicide involontaire. Même si elle admet que le conducteur "n'aurait jamais dû prendre son véhicule ou du moins maîtriser son véhicule". Elle a requis quatre ans d'emprisonnement dont deux ans fermes ce qui est assez inhabituel au niveau de la peine ferme.  

L'automobiliste fut le grand absent de l'audience. Agé de 88 ans, il est en très mauvaise santé et vit en Angleterre. Son avocat a commencé par lire une lettre que la présidente a ensuite lue elle-même. "Ce drame me hante et va me poursuivre jusque dans sa tombe" écrit le prévenu.

Le jugement est mis en délibéré et sera connu le 9 décembre prochain.

 

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