Des primes annuelles réduites pour des soignants atteints de la Covid-19 à l’hôpital de Brive

Des soignants du Centre Hospitalier de Brive, en Corrèze, ont découvert que leur prime annuelle avait été amputée parce qu’atteints de la Covid-19, ils avaient été contraints de s’arrêter de travailler. Une injustice pour eux, en forme de double peine.
 
Des soignants de l'hôpital de Brive ont vu leur prime annuelle amputée car ils ont été en arrêt maladie, victimes du Coronavirus.
Des soignants de l'hôpital de Brive ont vu leur prime annuelle amputée car ils ont été en arrêt maladie, victimes du Coronavirus. © André Abalo/France Télévisions
On connaissait le (pas forcement de très bon gout) « Pas de bras, pas de chocolat », voilà désormais sa variante 2020 : malade de la Covid, pas de prime !

C’est en tout cas ce qu’on découverts des soignants du Centre Hospitalier de Brive, sur leur fiche de paye de novembre.
Pas de prime, ou plus exactement une prime amputée des arrêts maladie prescrits suite à leur contamination par le Coronavirus.

Ainsi, une infirmière du service d’oncologie, le plus touché de l’hôpital par le virus, a perdu plus de 230€, après cinq semaines d’arrêt.

C’est révoltant parce que cette prime, c’est pour nous valoriser. Et là, même en ayant été contaminé, on n’est pas valorisé. Même en ayant été là pour nos patients.

Julie Files, infirmière en oncologie CH de Brive

Une autre, aide médico-psychologique, a elle perdu 195€, pour trois semaines, les premières en sept ans !

Quand c’est dans le cadre d’une maladie comme celle-ci, où l’on est contaminé à son travail, j’estime que ce n’est pas normal […], parce qu’on est doublement sanctionné : j’ai été malade, j’ai contaminé ma famille, et j’ai perdu de l’argent !

Sonia Vergne, aide médico-psychologique CH de Brive

Cette prime annuelle peut certes être réduite au prorata du nombre de jours d’arrêt, excepté dans le cas d’une maladie professionnelle.
Or, depuis un décret du 14 septembre, le Coronavirus est considéré comme tel. Mais problème, les critères d’application sont extrêmement stricts.
Ainsi, et par exemple, le principal critère d’éligibilité à la reconnaissance de la Covid-19 comme maladie professionnel est d’avoir bénéficié d’une oxygénothérapie, d’une assistance respiratoire. Ce qu’une « simple » quarantaine n’est pas !

Les syndicats sont révoltés.

À l'hôpital de Brive, 34 agents ont été contaminés au printemps… 90 à l'automne.
 
Des primes annuelles réduites pour des soignants atteints de la Covid-19 à l’hôpital de Brive

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société coronavirus/covid-19 social économie