Un Rafale en exercice fait trembler Brive : quelle réglementation ?

Ce lundi 4 novembre 2019, en milieu d'après-midi, les Brivistes ont entendu une forte déflagration. Il s'agissait d'un bang supersonique produit par un avion de chasse de l'armée de l'air en plein exercice. Quelle est la réglementation pour éviter ces nuisances sonores ?

© MaxPPP / UPI / Eco Clément
Ce lundi après-midi, les habitants de la cité gaillarde n'en ont pas cru leurs oreilles. Vers 16h30, ils ont entendu une grosse déflagration, comme le bruit d'une explosion.
Il s'agissait en fait d'un Rafale de l'armée de l'air qui effectuait à ce moment-là un entrainement sur un axe supersonique.
 

La Corrèze, couloir de passage pour les entraînements militaires


Ce n'est pas la première fois que des Corrèziens se plaignent des nuisances sonores engendrées par les entraînements fréquents des avions militaires.
Le département se situe en effet dans un couloir de navigation pour les exercices de l'armée de l'air (cf carte ci-dessous), qui relie les aérodromes miliatires de Mont-de-Marsan dans les Landes, et de Avord près de Bourges. Ce couloir est situé sur l'axe Beaulieu-sur-Dordogne - Tulle - Treignac, soit un peu à l'Est de Brive.
La Creuse est aussi concernée : Guéret et Aubusson font partie des zones de survol à basse altitude de l'armée de l'air.
 
Carte du réseau très basse altitude Défense.
Carte du réseau très basse altitude Défense. © Armée de l'air


Quelle règlementation ?

Le survol des agglomérations et des zones urbaines est soumis à des règles strictes, qui sont les mêmes d’ailleurs pour l’aviation militaire et l’aviation civile. Interdiction de voler à une altitude inférieure à 150 m du sol au dessus des zones non habitées, 300 m au dessus des villages, 1000 m d'une petite agglomération comme Brive, 5000 m pour une grosse agglomération.

Un passage en vitesse supersonique doit s’effectuer à + de 12 000 m d’altitude. C'est ce qui s'est passé hier, lundi 4 novembre lors d'un exercice programmé dans un couloir autorisé. Le Rafale a franchi le mur du son, il a dépassé la vitesse du son qui est de 340 m par seconde, soit 1224 km/h. Un bang supersonic a été perçu jusqu'à Brive. A noter qu’en fonction des conditions météorologiques – le sens du vent, la pression atmosphérique, la pluie… - le bruit est plus ou moins répercuté.

Par ailleurs, sur son site Internet, l'Armée de l'air communique tous les jours sur les zones et horaires approximatifs des exercices, pour éviter notamment qu'un avion civil ne croise la route d'un chasseur.
Ainsi, on peut voir que ce mardi 5 novembre, tout comme hier, des entraînements sont prévus dans le ciel corrézien, à partir de 16h30.
 
Carte des entraînements militaires très grande vitesse très basse altitude, ce mardi 5 novembre 2019.
Carte des entraînements militaires très grande vitesse très basse altitude, ce mardi 5 novembre 2019. © Armée de l'air


Pourquoi ces entraînements ?


Ces zones d'entraînement sont très importantes pour l'Armée de l'air qui doit permettre à son personnel d’acquérir et de maintenir en permanence les conditions opérationnelles nécessaires à l’exécution de ses missions, en France ou dans le cadre des opérations extérieures.

Les missions de l'Armée de l'air comportent aussi bien la protection de l’espace aérien français (« police du ciel », près de 200 décollages sur alerte par an) que les missions de recherche et de sauvetage (une trentaine de missions en 2018), d’assistance en vol ou d’intervention dans le cadre de catastrophes naturelles (Irma par exemple). L’Armée de l’air, est aussi responsable de la souveraineté de notre espace aérien, autre mission permanente avec celle de la dissuasion nucléaire.

Concernant les opérations extérieures, actuellement, les aviateurs sont notamment engagés sur l’opération Chammal au Levant (Syrie, Irak) ainsi sur l’opération Barkhane en Afrique (bande sahélo-saharienne) dans le cadre de la lutte contre les groupes armés terroristes.
 
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