Corrèze : IMET Alloys un spécialiste de la valorisation des métaux nobles embauche après le rachat du site de Borg Warner

Publié le Mis à jour le
Écrit par Nassuf Djailani avec Laurent Du Rusquec

Il faudra désormais parler d’IMET Alloys, c’est le nom du repreneur de l’usine Borg Warner dans la commune d’Eyrein au lieu-dit La Montane en Corrèze. Jusqu’à 50 emplois vont être créés à terme, à la grande satisfaction du maire de la localité. 6 personnes, des anciens de Borg Warner viennent d’ores et déjà d'être embauchés : des ingénieurs, des techniciens et des opérateurs.

« Après la douche froide de l’été 2020, raconte Jean-François Salles, maire d’Eyrein où est implanté l’ancienne usine Borg Warner, c’est une immense satisfaction de savoir que cette entreprise qui aurait pu devenir une friche soit reprise ». Il y a de quoi être enthousiaste quand on sait que Borg Warner, c’était 368 personnes licenciés, l’été dernier.

Pour rappel, l’équipementier automobile avait décidé de délocaliser ses activités en Hongrie après plus de vingt ans de présence en Corrèze, à Eyrein à côté de Tulle.

Aujourd’hui, les nouveaux maîtres des lieux, parlent de 50 emplois d’ici 5 ans. C’est moins d’emplois mais c’est plutôt une bonne nouvelle. Mais c’est mieux que rien, répète le maire de la localité.

« C’est une excellente nouvelle parce qu’il y a la reprise de ce bâtiment qui ne va pas rester vide et ensuite une création d’emplois avec à terme jusqu’à 150 emplois, et qui sait peut-être l’entreprise se diversifiera, ils peuvent peut-être monter un peu plus haut. Bien sûr, ça n’engage que moi, je suis de nature un petit peu optimiste, c’est ce qui me fait dire cela. Mais je pense que ce sera pas mal ».

En réalité, ce sont 6 personnes qui viennent de signer leur contrat : des techniciens, des ingénieurs ou encore des opérateurs.

IMET Alloys, une entreprise écossaise acquiert là son premier site français, en plus d’un autre site aux Etats-Unis. L’entreprise est spécialisée dans la découpe et la refonte de chutes ou de copeaux de métaux rares. Elle récupère des résidus de découpe pour les recycler et les faire fondre pour revaloriser les pièces.

IMET Alloys a investi 10 millions d’euros dans une première phase de travaux. 5 millions d’euros seront investis en 2023 pour augmenter les capacités de production.  

Rencontre avec Nicolas Courteix, Directeur Général à IMET Alloys France

Pourquoi une implantation à IMET Alloys France ?

Nous sommes là pour le marché aéronautique qui est fortement présent en France et en Europe. Une implantation stratégique pour nous ici en France puisque nous avons des clients et partenaires sur le territoire.  

Géographiquement, le site d’Eyrein est stratégique pour l’entreprise ?

Oui, il y a un positionnement stratégique de par le croisement des autoroutes A20 et de l’A89, qui nous permet des accès facilités vers des industriels français et européens.  

Qu’est-ce qui sera fabriqué ici ?

IMET Alloys est spécialisé dans le management et la valorisation de matières réversibles, type titanes et super alliage utilisés dans le secteur aéronautique. Grâce à nos équipements de traitement de haute technologie, nous allons permettre de redonner la qualité initiale de cette matière afin qu’elle puisse être refondue pour reproduire des pièces aéronautique.  

Dans le contexte actuel, c’est une activité qui a tout son sens ?

Cette activité a tout son sens, puisque l’aspect environnemental bien entendu a du sens depuis des années. L’aspect économique également. On se rend compte aujourd’hui que des pressions commerciales sont fortes puisque ces matières sont principalement importées de pays comme les Etats-Unis ou La Russie. Avec des consommations assez complexes aujourd’hui. Du coup, valoriser ces matières présentes sur notre sol européen permet de réaliser une chaîne d’approvisionnement en boucle fermée est très pertinent pour nous, et cette économie circulaire a beaucoup d’avenir.  

Comment vous allez faire évoluer le site ? Aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe à l’intérieur et comment ça va évoluer dans les prochains mois, les prochaines années ?

On est au tout début de notre implantation, nous avons finalisé les acquisitions du bâtiment le 30 avril 2022. Nous avons aujourd’hui des équipes écossaises sur place pour adapter le bâtiment à nos équipements industriels. Les premiers équipements sont arrivés, d'autres sont en acheminement. Les premiers recrutements démarrent la semaine prochaine. Et jusqu’à septembre, nous allons adapter le bâtiment, installer nos équipements pour un démarrage de production prévu en septembre 2022.  

Vous avez été sensibles au profil des ouvriers de Borg Warner dans vos recrutements ?

Exactement, ce sont des profils qui ont une expérience importante dans la mécanique et l’industrie. Des personnes qui sont motivées pour rester dans la région et dans le département de la Corrèze. Nous avons dans un premier temps, concentré nos recherches sur ce vivier. Il s’est avéré que nous sommes très très satisfaits des premières recrues que nous avons réalisées.