Covid-19 : le virus marque une accélération en Aquitaine

Même si les taux d'incidence dans la région restent inférieurs à la moyenne nationale, le virus de la Covid-19 marque une nette progression dans les départements aquitains. Seuls Le Lot-et-Garonne et les Landes sont épargnés par cette progression.

© Philippe LOPEZ / AFP

Ce sont les deux seuls départements de toute la région Nouvelle-Aquitaine qui ne sont pas concernés par une hausse du taux d'incidence du virus de la Covid-19. Dans les Landes, selon Santé publique France, ce taux est un des plus bas de la région et s'élève à 83,5 cas pour 100 000 habitants. Dans le Lot-et-Garonne, il a baissé de quatre points en une semaine et atteint aujourd'hui 131,4 cas pour 100 000 habitants.

Hausse spectaculaire en Dordogne

Partout ailleurs, le taux d'incidence, dont le seuil d'alerte reste fixé à 50 cas pour 100 000 habitants, est en hausse. Ainsi, en Gironde, il atteint 185 cas, contre 158 la semaine dernière et se rapproche désormais des taux observés à la fin du mois d'octobre 2020 dans le département. Mais c'est en Dordogne que ce taux marque la plus forte progression : une hausse de 40% en une semaine, avec un taux de 190 cas pour 100 000 habitants.
Les Pyrénées-Atlantiques, reste le département aquitain affichant le taux le plus faible. Pour autant, ici aussi, on constate une accélération, puisque le taux qui s'élevait la semaine dernière à 56 cas pour 100 000 habitants s'approche désormais des 75 cas.

(infographie Sarah Paulin - Source Santé publique France - données communiquées le 25 mars 2021 - Evolution du taux d'incidence)

L'influence du variant anglais

Une progression qui n'est pas sans lien avec la multiplication des infections liées aux nouveaux variants du virus, rappelle le professeur Charles Cazanave, médecin infectiologue au CHU de Bordeaux.  "Le  variant anglais a montré un pouvoir de contamination et de contagiosité plus important, souligne-t-il.  C'est pourquoi il faut, en cette veille de week-end et avant les vacances de Pâques, rester plus vigilant sur les gestes barrières : ce variant est plus contagieux ".

Autre spécificité rappelée par le médecin : le public hospitalisé n'est plus le même que lors des vagues précédentes. A l'échelle de la Nouvelle-Aquitaine, selon les chiffres de Santé publique France, près de 75% des personnes en réanimation pour cause de Covid-19 ont entre 60 et 80 ans. Les plus de 80 ans, prioritaires pour les vaccins,  ne constituent plus que 7,4% des malades en soins intensifs et réanimation.

Nous n'avons plus des patients de 70 ans, mais plutôt de 60 ans, voire beaucoup moins. On a également actuellement des patients d'une trentaine d'années, contaminés lors de repas en groupe ou en famille, lors desquels les gestes barrières sont plus difficiles à appliquer.

Charles Cazanave, médecin infectiologue au CHU de Bordeaux

Hôpitaux sous tension

L'inquiétude concerne désormais le taux d'occupation des lits d'hôpitaux. Dans les Landes, seuls 1,5% des malades admis en réanimation ont contracté la Covid-19. A l'inverse, en Gironde, ils sont 47,3% des patients en soins intensifs.

"Au CHU de Bordeaux, nous avons atteint notre seuil d'alerte, avec 150 hospitalisations pour Covid, dont 50 se trouvent en réanimation et soins continus", assure Charles Cazanave.

Nous sommes déjà en extrême tension à l'hôpital, et cela va nous contraindre envisager des déprogrammations pour libérer des lits dans les salles de réveil, pour accueillir de potentiels nouveaux patients. Là on est à notre maximum !

Charles Cazanave, médecin infectiologue au CHU de Bordeaux

 

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