Bien-être animal : le "Pôle viandes locales" de Bourganeuf (Creuse) se dote d'un prototype de box d'abattage

C'est un outil unique au monde. Un nouveau box d'étourdissement équipera prochainement le Pôle viandes locales implanté à Bourganeuf dans la Creuse. Ce prototype doit améliorer le bien-être animal au moment de l'abattage. 
Le box sensitif est doté d'une reconnaissance faciale et d'un bras articulé.
Le box sensitif est doté d'une reconnaissance faciale et d'un bras articulé. © Nicolas Chigot - France 3 Limousin
C'est un réseau d'une centaine de paysans qui ont décidé de (re)prendre les choses en main : gérer de A à Z leur production de viande, de l'élevage à la vente en passant par l'abattage. L'idée du Pôle viandes locales, implanté à Bourganeuf, a vu le jour en 2015 avec deux principaux axes : circuits courts et bien-être animal.

Ces agriculteurs ont décidé de ne pas lésiner sur les moyens : 400 000 euros investis dans un prototype de box d'étourdissement. Alors que les plusieurs abattoirs ont été dans la tourmente ces dernières années en raison des conditions d'abattage cette démarche est innovante est assumée.

Un financement participatif a permi de rassembler 114 900 € euros (au 27 février 2019) et la région Nouvelle-Aquitaine est venu compléter le financement à 50 %.  

Le prototype "Box sensitif"

"Lorsque nous avions voulu acquérir un box d’étourdissement, les fabricants nous répondaient en vaches abattues par heure. Celui-ci fait 60 vaches par heure, celui-là 80. Nous abattons 10 vaches par semaine, explique-t-on au Pôle viande, alors nous avons décidé d'inventer notre propre outil."

Il aura fallu un an de recherche et de développement pour mettre au point le dispositif. Ce box, présenté ce 27 février 2019 à Montluçon (Allier) est doté d'une reconnaissance faciale qui permet de localiser le point précis et parfait pour un étourdissement efficace et rapide. Le bras robotisé se place alors sur ce point et assure une anesthésie totale (sans reprise de conscience).
 

No stress

Alors évidemment, il s'agit toujours de tuer une vache, mais le Pôle viande souligne que l'absence de stress permet de respecter l'animal et de réduire l'acidité de la viande qui sera alors de meilleure qualité pour le consommateur. L'appareil sera installé dans les locaux du pôle viande au mois d'avril. Les premiers tests sur les animaux pourront alors débuter. 

Cette démarche vient compléter la notion de circuit court. Les animaux du Pôle viandes locales sont élevés en prairies et ne parcourent que quelques dizaines de kilomètres jusqu'à l'abattage. 
 
Abattoir : un prototype de box d'étourdissement pour Bourganeuf (Creuse)
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