Coronavirus : après sa sortie de l'hôpital de Guéret, le sénateur creusois Éric Jeansannetas témoigne de son calvaire

Le sénateur creusois Éric Jeansannetas de retour chez lui, après deux dures et longues semaines d'hospitalisation au CH de Guéret, dues à son infection par le Coronavirus. / © Margaux Blanloeil/France Télévisions
Le sénateur creusois Éric Jeansannetas de retour chez lui, après deux dures et longues semaines d'hospitalisation au CH de Guéret, dues à son infection par le Coronavirus. / © Margaux Blanloeil/France Télévisions

Atteint par le virus, et hospitalisé dès le 18 mars au CH de Guéret, le sénateur creusois Éric Jeansannetas, âgé de 57 ans, y a passé deux longues et douloureuses semaines. Désormais rentré chez lui, il nous raconte son calvaire et son lent retour à une vie plus normale.

Par Jean-Martial Jonquard

C'est après son retour de Paris, le vendredi 13 mars 2020, que le sénateur de la Creuse, Éric Jeansannetas, a ressenti des premiers symptômes : fatigue, nez qui coule, un peu de toux et un peu de fièvre...
Il consulte alors son médecin, qui penche pour un rhume ou une forme légère du virus, et qui lui prescrit un traitement comme s'il avait une rhinopharyngite classique.

Le sénateur creusois choisit toutefois de se confiner chez lui, manquant la commission permanente du Conseil Départemental, qui se tenait ce jour-là.

Le dimanche suivant, le 15 mars, est celui du premier tour des élections municipales. Ne constatant aucune aggravation de son état, Éric Jeansannetas décide alors de se rendre au bureau de vote, en prenant toutes les précautions sanitaires et en respectant scrupuleusement les gestes barrières.

N'ayant pas de température depuis deux jours, le dimanche, je me suis dit, en respectant bien évidemment tous ce qui avait été préconisé, les gestes barrières, je vais aller au bureau de vote.
Si c'était à refaire ? Non, je ne serais pas allé voter, et j'aurais vraiment souhaité qu'on annule ce premier tour des élections municipales.

Et pour cause ! Trois jours plus tard, le 18 mars, son état se dégrade brusquement, et une forte fièvre l'assaille. Cette fois, le verdict est sans appel : il faut une hospitalisation.
Le sénateur est alors conduit au CH de Guéret, où un test est réalisé, confirmant qu'il était bien positif au Covid-19. Éric Jeansannetas est alors le premier patient creusois traité dans l'établissement !

S'il n'est pas placé en réanimation, son cas est néanmoins jugé très préoccupant, avec une pneumonie et un risque de dégradation respiratoire. Il respire par lui-même, mais est néanmoins mis sous oxygène. Le sénateur va passer là deux semaines en isolement, vivant des moments très durs, à la fois physiquement et moralement.

Il y a eu des nuits, oui, de grandes peurs, avec des fortes fièvres à plus de 40°C et des céphalées très violentes ! Quand on retrouve des moments d'accalmie, là, on se dit qu'on touche le fond.

Interrogé par nos confrères de France Bleu Creuse, le 24 mars, depuis l'hôpital, Éric Jeansannetas confiait même alors qu'il ressentait parfois « comme une forme de loterie, avec le sentiment de ne pas pouvoir en venir à bout ! ». Une interview où il insistait aussi sur le dévouement et l'empathie des personnels soignants.
 
Le sénateur creusois est enfin sorti de l'hôpital / © Margaux Blanloeil/France Télévisions
Le sénateur creusois est enfin sorti de l'hôpital / © Margaux Blanloeil/France Télévisions

Heureusement, ce mercredi 1er avril (et ce n'était pas un poisson!), Éric Jeansannetas est autorisé à rentrer chez lui. Il y retrouve lentement ses habitudes, dans un quotidien où la moindre chose autrefois totalement anodine, une simple marche de 300 mètres par exemple, prend désormais un goût d'exploit !

Ce sont des petites victoires sur le mauvais sort, sur cette maladie et c'est aussi une marche d'espoir, d'espérance.

Suivi toujours attentivement par les professionnels de santé, Éric Jeansannetas tenait à témoigner, malgré sa fatigue et sa lassitude, de sa mauvaise expérience, pour faire passer un message, lui qui a vu la « gueule » du virus d'un peu trop près :

Il faut rester chez nous, et ça, c'est extrêmement important, afin de ne pas engorger nos services de santé, et protéger nos soignants, et tous ceux qui travaillent !

Guéri du coronavirus, Eric Jeansannetas, sénateur de la Creuse témoigne

Eric Correia, sorti d'affaire, témoigne sur les réseaux sociaux

"Ce virus est un vrai salopard", écrit Eric Corréia sur son compte facebook. Lui aussi a été touché par le Covid-19, comme il nous l'expliquait le 24 mars dernier

Le Président de la Communauté d'Agglomération du Grand Guéret se dit "libéré", "sorti de la mine", et compare le Covid-19 à "un tyran" : "une fois en place, il use et jouit de son pouvoir, c’est lui qui commande. Un vrai tyran. Son ambition n'est autre que de prendre les commandes et d'imposer son système."

Eric Correia remercie le personnel de l'hôpital de Guéret, ses collègues, précise-t-il, puisqu'il est lui même infirmier anesthésiste. 

Enfin, il demande à chacun de respecter le confinement, et les soignants. 

 

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